Pont sur le Saguenay : l’heure des engagements a sonné
Francis Verreault-Paul, chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Guillaume Tremblay, porte-parole de la Coalition Union 138 et Martin Dufour, chef de la Première Nation des Innus Essipit, font front commun pour le projet du pont sur le Saguenay. Photo Marjorie Deschênes
À quelques semaines du déclenchement attendu de la campagne électorale québécoise, la Coalition Union 138 entend faire du pont sur le Saguenay un enjeu incontournable. Appuyée par les chefs des communautés innues, elle estime que toutes les études ont été réalisées et que les partis politiques doivent désormais prendre des engagements concrets en vue de la construction d’un lien permanent.
En conférence de presse à Québec le 9 juillet, les représentants de la Coalition Union 138, des Premières Nations et de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) ont lancé une campagne de mobilisation qui se poursuivra tout au long de la campagne électorale.
« Le débat est terminé. Les études sont faites. Les partis politiques ont reconnu unanimement que la Côte-Nord est enclavée et que le pont est nécessaire. Il est maintenant temps de transformer ce consensus en engagement », a déclaré le porte-parole de la Coalition Union 138, Guillaume Tremblay.
Membre fondateur de la Coalition Union 138, Guillaume Tremblay a comparé la prochaine campagne électorale à « la finale des séries » pour le projet de pont, affirmant que le regroupement attend ce moment depuis plusieurs années.
Selon lui, la Coalition compte interpeller directement les chefs des partis qui visiteront la région afin d’obtenir des réponses précises sur leurs intentions. « On veut qu’ils passent de la parole aux actes », a-t-il résumé.
Le porte-parole rappelle qu’en 2025, tous les partis représentés à l’Assemblée nationale ont adopté unanimement une motion reconnaissant que le désenclavement de la Côte-Nord passe par la réalisation d’un pont sur le Saguenay. À ses yeux, cette reconnaissance doit maintenant se traduire par des engagements politiques fermes.
« Les études ont été réalisées par des experts. Elles confirment exactement ce que nous répétons depuis des années. Les partis politiques ont maintenant tout en main pour prendre une décision politique. Nous ne reviendrons pas aux études », a-t-il soutenu.
Quatre engagements réclamés
La Coalition demande à tous les partis politiques de s’engager sur quatre points : inscrire le projet dans leur plateforme électorale, annoncer un échéancier de réalisation, préciser son mode de financement et lancer les prochaines étapes du projet dès le début du prochain mandat.
Selon Guillaume Tremblay, ces engagements constituent désormais « un test de cohérence » avec les ambitions économiques que les partis affichent pour le Québec.
Il rappelle que la Côte-Nord est appelée à jouer un rôle majeur dans le développement des minéraux critiques, de la transition énergétique, de l’aluminium vert et d’autres secteurs stratégiques.
« Si le Québec veut miser sur ces filières, il doit aussi investir dans les infrastructures qui permettront à la région de poursuivre son développement », a-t-il fait valoir.

Front commun avec les Premières Nations
Le chef de la Première Nation des Innus Essipit, Martin Dufour, a rappelé que les communautés innues réclament elles aussi cette infrastructure depuis plusieurs décennies.
« On ne demande pas un traitement de faveur. Ce qu’on veut, ce sont des infrastructures et des conditions de mobilité comparables à celles dont bénéficient les autres régions du Québec », a-t-il affirmé.
Reconnaissant que le projet soulève des préoccupations liées à l’environnement, au développement économique et aux coûts, il estime toutefois qu’il est possible de réaliser « un projet moderne, responsable et durable ».
Pour sa part, le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Francis Verreault-Paul, voit dans le projet un symbole de collaboration entre les peuples.
« Ce pont est nécessaire parce qu’il relie plus que deux rives : il relie des communautés, des territoires, des cultures et une vision commune de l’avenir », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que cette mobilisation illustre une volonté commune de bâtir un avenir où développement économique, dialogue et respect des droits des Premières Nations peuvent aller de pair.
Un projet présenté comme un enjeu national
La Coalition soutient que le pont sur le Saguenay dépasse désormais les intérêts de la Côte-Nord. Elle le présente comme un enjeu national de mobilité, de sécurité, de développement économique et de résilience des infrastructures.
Selon les études d’opportunité réalisées par le gouvernement du Québec, le maintien du statu quo limite la mobilité des personnes et des marchandises, freine le développement économique et réduit l’accessibilité du territoire. Ces études identifient également le corridor C comme la solution privilégiée parmi les scénarios analysés.
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Félicitations et merci à Guillaume Tremblay ainsi qu’aux personnes impliqués dans l’avancement de ce projet! Il est temps que tout les secteurs de la Côte-Nord arrêtent d’être pris en otage.