Féminicides : la députée Kateri Champagne Jourdain interpellée
Les groupes de femmes de Sept Rivières se sont mobilisés devant les bureaux de la députée de Duplessis. Photo Nadia Dorval
Les groupes de femmes de Sept-Rivières se sont mobilisés, lundi matin, devant les bureaux de la députée de Duplessis, Kateri Champagne Jourdain, à Sept-Îles. Leur but : dénoncer la violence faite aux femmes et faire part de leurs revendications.
C’est suite au 12e féminicide commis dans un contexte de violence conjugale depuis le depuis de l’année au Québec que les groupes de femmes de Sept-Rivières ont décidé de se mobiliser.
Les organismes qui œuvrent auprès des femmes qui avaient des représentants ce matin lors de la mobilisation sont le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel de Sept-Îles (CALACS), la Maison d’aide et d’hébergement Autour d’Elles et l’organisme À La Source ainsi que le Regroupement des femmes de la Côte-Nord.
Lors de la mobilisation, le groupe a remis à la représentante de la députée de Duplessis, un panier contenant 12 roches sur lesquelles les noms des 12 victimes de féminicide depuis le depuis de l’année au Québec.

Dans leur allocution de revendication, le Comité Non aux féminicides — Côte-Nord explique que « ces roches symbolisent le poids immense de cette violence : le poids des vies perdues, des familles bouleversées, de la peur portée quotidiennement par tant de femmes, mais aussi celui que portent les groupes de femmes et les ressources communautaires qui tentent, malgré des moyens insuffisants, de soutenir les victimes et de prévenir de tels drames ».
« C’est vraiment important que la lutte aux féminicides et aux violences conjugales soit quelque chose qui est vraiment pris au sérieux pour les gouvernements et qu’ils en fassent une priorité », dit Heidi Thériault, responsable de la mobilisation pour le Regroupement des femmes de la Côte-Nord.
Les revendications formulées sont d’avoir un financement adéquat et récurrent des maisons d’hébergement, des CALACS, des centres de femmes et des organismes qui travaillent à la prévention des violences, à l’accompagnement des victimes et à la sensibilisation de la population.

« En ce moment, les maisons d’hébergement, les centres de femmes sont épuisés, sont sous-financés. Ça déborde. Ils n’ont pas les moyens d’engager de nouvelles intervenantes ou de garder celles qu’ils ont en ce moment. C’est vraiment important que les groupes de femmes qui travaillent directement avec les femmes qui vivent de la violence conjugale ou des violences en général soient bien financés pour pouvoir les aider à sortir des situations de violence », dit Mme Thériault.
Des initiatives semblables ont déjà été réalisées quelques fois au bureau du député de Manicouagan, Yves Montigny. Pour la région de Sept-Rivières, c’était la première action dans le cadre des mobilisations « Non aux féminicides — Côte-Nord ».
Le groupe compte revenir se mobiliser devant les bureaux de la Députée de Duplessis chaque fois qu’il y aura un féminicide.
« Chaque lundi suivant un féminicide, on remet un panier de roches avec le nombre de roches qu’il y a eu de féminicides. (…) Chaque roche avec le nom d’une victime. Puis, s’il y a un 13e féminicide, on va revenir avec 13 roches. Puis, s’il y a un 14e féminicide, on va revenir avec 14 roches, et ainsi de suite ».
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