Un début de saison pluvieux pour les agriculteurs nord-côtiers
Les territoires de Sept Rivières et de la Minganie ont reçu en juin deux fois plus de pluie qu'en 2025. Photo Pixabay
Pour les territoires de Sept-Rivières et de la Minganie, le mois de juin 2026 a été particulièrement pluvieux. Cette partie de la Côte-Nord a reçu en moyenne deux fois plus de précipitations qu’à pareille date l’an passé ce qui complique la vie des agriculteurs nord-côtiers.
Si vous avez l’impression comme plusieurs que le printemps et le début de l’été sur la Côte-Nord sont plutôt frais et pluvieux, vous avez raison. Ces dernières années, c’est-à-dire en 2024 et 2025, les Nord-Côtiers avaient connu des mois de juin plus chauds. Selon les données d’Environnement Canada, les températures du dernier mois ne sont pas nécessairement hors normes.
« On est clairement par rapport aux dix dernières années dans les plus froids mois de juin, donc ce n’est pas une fausse impression », dit Simon Legault, météorologue pour Environnement Canada.
Sept-Îles a reçu, en date du 24 juin, 164 mm de pluie comparativement à 86 mm en 2025. En Minganie, c’est 183 mm de pluie qui a été enregistrée à Natashquan comparativement à 81 mm l’an passé. Ce qui donne en moyenne deux fois plus de pluie que l’an passé.
Conséquences pour le début de la saison agricole
Bien que les agriculteurs nord-côtiers soient habitués à des saisons plus courtes et froides qu’ailleurs au Québec, c’est l’abondance de pluie qui les force à travailler autrement.
« La pluie, c’est que même si tu sèmes ta semence, elle va pourrir. Elle a besoin de soleil, elle a besoin aussi d’air et d’eau. Si elle a toujours les pieds et la tête dans l’eau, je te dirais, c’est sûr qu’elle va pourrir », dit Denis Picard, propriétaire des Jardins ADN.
Pour la directrice de la Coop de solidarité agroforestière de Minganie – Le Grenier boréal, Geneviève Lalumière, la pluie fréquente n’empêche pas son équipe de maraîchers de travailler les champs.
« Nous, comme on n’est pas mécanisé dans le sens où on ne travaille pas avec des tracteurs et notre sol est sableux, ce n’est pas que ça affecte tant nos opérations au champ (…) mais c’est moins agréable pour l’équipe de travailler dans ces conditions-là », dit Mme Lalumière.

Selon elle, comme 2024 et 2025 ont été des années plus chaudes, les gens se sont habitués rapidement à ce type de températures pour juin.
« On s’entend que c’était quasiment anormal, si je peux dire (…). On l’a beaucoup aimé le printemps et l’été chaud, mais on est quand même sur la Côte-Nord, en Minganie, et c’est même normal qu’il fasse frais », dit Mme Lalumière.
La directrice explique d’ailleurs qu’elle et son équipe avaient ajusté leur calendrier en prévision d’un début de saison plus frais.
« On avait prévu en conséquence que le printemps allait être plus frais que celui de 2024. Donc, on n’a pas été surpris par le temps froid et la pluie. Mais c’est sûr que si c’était plus chaud, on serait plus d’avance », dit Mme Lalumière.

Denis Picard conseille aux jardiniers à la maison d’attendre que le sol de leur jardin soit bien drainé avant de semer.
« S’ils veulent semer, [il faut le faire] en surface sur une planche qui aurait monté un peu plus haut qu’à la normale. Sinon, [les semences] auraient les pieds dans l’eau », dit Denis Picard.
Sans ces précautions, les risques que la semence pourrisse sont plus élevés.
« C’est pour ça que, même moi, j’ai ralenti de planter parce que le taux de réussite, ça ne donne rien. La nature est plus forte que nous », dit M. Picard.
Denis Picard et Geneviève Lalumière indiquent que les jardiniers amateurs ne sont pas trop découragés. La plupart ont tout de même fait leurs achats de semis pour être fins prêts lorsque dame nature le décidera.
Du beau temps à venir
Bien que les dernières semaines ont été grises et pluvieuses, Simon Legault, météorologue pour Environnement Canada, se fait rassurant. Ce n’est pas parce qu’on a eu un mois de juin avec beaucoup de précipitations que le mois de juillet sera similaire.
« Sinon, on serait dans une boucle infernale. Les semaines et les saisons se suivent et ne se ressemblent pas. (…) Déjà la semaine prochaine, on devrait retrouver des températures au-dessus des normales. Il faut finir le mois de juin. Le début juillet devrait être plus chaud que la normale aussi », dit M. Legault.
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