Un site de traitement des boues usées au lac Daigle qui inquiète

Par Emelie Bernier 8:14 AM - 29 juin 2026 Initiative de journalisme local
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Vue aérienne du site de Gaumar au lac Daigle. Bassin 1 (carré, en haut à gauche) : bassin de décantation où seront vidés les camions. Bassin 2 (voisin du bassin 1) : lit de séchage. À l’automne, les boues y seront entreposées pour sécher. Bassin 3 (le plus grand des quatre) : bassin de stabilisation Bassin 4 : marais qui contiendra les quenouilles Bassin 5 : bassin de polissage qui contiendra des plantes flottantes (lentilles d’eau…)  Bassin 6 : filtre végétal composé de pelouse. Courtoisie Gaumar

L’implantation d’un système d’un système de traitement des boues de fosses septiques à 1,3 km des résidences et du plan d’eau du lac Daigle suscite des inquiétudes. Toutefois, la MRC de Sept-Rivières et le promoteur derrière le projet se font rassurants.

S’ils entendent les inquiétudes des résidents du secteur lac Daigle, le préfet de la MRC de Sept-Rivières, Benoît Méthot, et Jean Marchand, directeur de l’entreprise Gaumar, sont du même avis. Si menace à la qualité de vie des résidents de lac Daigle il y avait, le ministère de l’Environnement n’aurait pas délivré de certificat d’autorisation permettant d’aller de l’avant avec une infrastructure plus que nécessaire.

Chez Gaumar, on est persuadé que ce système est le plus adéquat dans le contexte et que les avantages l’emportent largement sur les inconvénients s’il en est. « Il y a le même système en plein cœur de Rimouski et les résidents ne se plaignent pas des odeurs ! », lance Jean Marchand, directeur de l’entreprise.

Il est étonné du battage médiatique qui entoure un projet qu’il qualifie sans hésiter « d’écoresponsable ».

 « Les procédés utilisés reposent sur des mécanismes naturels d’épuration, sans réaction chimique ni fermentation active susceptibles de dégager des odeurs perceptibles. De plus, la végétation du système de traitement agit comme un filtre naturel, contribuant à maintenir un environnement sain et neutre pour le voisinage. En résumé, aucune odeur perceptible n’est attendue, et tout a été pensé pour que le site coexiste harmonieusement avec le milieu environnant », peut-on lire dans une missive de Gaumar adressée aux résidents du lac Daigle l’automne dernier.

Le préfet de la MRC de Sept-Rivières, Benoît Méthot, estime que puisque le projet a reçu l’aval du ministère de l’Environnement, de Lutte aux changements climatiques, de la Faune et des Parcs, il faut « se fier aux experts ».

« Si on avait des craintes sur la qualité de vie, on s’en mêlerait. C’est un processus qui est connu, pas une nouvelle affaire que les gens essaient. Il faut gérer nos déchets de la meilleure façon possible », insiste Benoît Méthot, préfet de la MRC de Sept-Rivières. Ce dernier n’était pas élu lorsque le projet a reçu l’aval du ministère.

« Les gens, dans le temps, n’ont pas été consultés, j’en suis désolé, mais c’est bien avant mon temps. L’entrepreneur a un permis, toutes les autorisations du MELCCFP qui va effectuer des suivis, des évaluations régulièrement. »

Il estime que l’exemple des bassins aérés de la Ville devrait rassurer les résidents du secteur du lac Daigle.

« Le projet tel qu’il est, c’est similaire aux bassins aérés de la ville où on traite tous les égouts de la ville. Le point qui me rassure beaucoup, c’est que les bassins aérés de la ville sont à 300 mètres des résidences et il n’y a pas d’enjeu. Ou s’il y en a, personne ne m’en a parlé », indique M. Méthot.

En ce qui concerne la contamination de la nappe phréatique, M.Marchand et M.Méthot ont la même réponse. « Ce n’est pas un risque selon le ministère qui a accordé son autorisation. Le site est à 1,3 km du lac. Tout est sous certificat d’autorisation. Tous les effluents seront évalués pour s’assurer que ce qui est relâché sera conforme. Au niveau de la capacité du sol à traiter ce matériel, c’est plus qu’adéquat selon les ingénieurs », dit M. Méthot.

« Les bassins sont 100 % membranés. Il n’y a aucun contact entre ce qu’on met dedans et le sol. Je ne suis pas à l’abri d’un bris, mais on est une compagnie responsable et on a un suivi à faire auprès du ministère de l’Environnement ! Oui, on a un certificat d’autorisation, mais on a dû s’engager à respecter des normes », conclut Jean Marchand, qui espère que la mise en opération de l’infrastructure calmera les esprits.

Un manque de consultation dénoncé

Roberto Stea, président du comité de l’Association communautaire du Lac Daigle et titulaire d’un BAC en aménagement du territoire, ne mâche pas ses mots. Ce projet est une énième insulte aux quelque 125 résidents du lac Daigle, un secteur compris dans le Territoire non organisé (TNO) du Lac Walker.

« Il n’y a eu aucune consultation, il n’y a aucune acceptabilité sociale. Ceci s’inscrit dans une série de projets dans le secteur qui, tranquillement, nous encerclent et nous empoisonnent la vie », lance celui qui ne décolère pas.

Sa hargne est dirigée davantage vers la MRC de Sept-Rivières qu’à l’endroit du promoteur. Il dénonce cette dernière qui a accepté le projet sans consulter les résidents du lac Daigle.

Pour ce dernier, les résidents du secteur se retrouvent devant un fait accompli concernant ce nouveau site pour les boues usées.

Roberto Stea, comme ses concitoyens, se dit prêt à collaborer pour des projets, mais pour cela, il faudrait que la porte soit ouverte. « Quand on est impliqué, on est capable de développer des partenariats, de collaborer. On travaille avec le Cégep, avec le Club Quad de Sept-Îles. Vous voulez faire des sentiers pédestres, une serre de tomates, un club de scout ? Ok ! Mais ce projet-là… On ne le veut pas chez nous. »

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