Après un investissement de 500 M$, le projet RDPB devient réalité chez Minerai de fer Québec
Les installations de Minerai de fer Québec à la mine du lac Bloom, à proximité de Fermont. Joe Alvoeiro
Minerai de fer Québec (MFQ) a produit avec succès du minerai de fer destiné à la réduction directe, soit une concentration atteignant 69 %, à la mine du Lac Bloom, à proximité de Fermont.
L’événement a été souligné lundi matin, à Montréal, lors d’une conférence de presse en présence du ministre de l’Économie et l’Énergie, Bernard Drainville, de la ministre fédérale de l’Industrie, Mélanie Joly, et de la ministre des Ressources naturelles et de la Forêt, Kateri Champagne Jourdain.
Ce jalon s’inscrit dans le cadre du projet de MFQ de production de matériel de qualité réduction directe pour bouletage (le « projet RDPB »).
« Le début de la production de minerai de fer de qualité RD marque une étape déterminante dans la mise en service du projet RDPB et témoigne, encore une fois, de la capacité de notre équipe à livrer des projets de construction d’envergure », affirme David Cataford, le chef de la direction de Champion.
À terme, le projet RDPB vise à convertir la moitié de la capacité du Lac Bloom pour produire du minerai de fer de qualité RD pour bouletage, à une teneur en fer atteignant 69 % Fe et une teneur combinée en silice et alumine inférieure à 1,2 %. Le projet RDPB permettra au Lac Bloom de se positionner parmi les producteurs de minerai de fer les plus purs au monde, et pourrait attirer une prime considérable par rapport au prix de son concentré de minerai de fer de haute pureté à 66,2 % Fe actuellement produit.
Le minerai de fer de haute pureté est en demande sur les marchés. L’industrie sidérurgique traverse actuellement une phase de transition où les hauts fourneaux, alimentés aux charbons, sont remplacés par des fours à arc électrique. Cette technologie nécessite comme intrant du minerai de fer de plus haute pureté, comme le minerai de fer de qualité RD pour bouletage, afin d’atteindre des performances métallurgiques optimales et réduire l’intensité globale des émissions.
Ce projet viendra contribuer à la décarbonation du secteur de l’acier qui génère beaucoup de gaz à effet de serre (GES).
« À lui seul, ce projet va permettre de réduire annuellement environ 4,9 millions de tonnes de GES, ce qui est l’équivalent de retirer environ un million de voitures des routes. C’est immense », a lancé le ministre Bernard Drainville.
Cette initiative de MFQ a nécessité un investissement de 500 M$. La ministre Joly y voit un signe positif pour le Canada dans un contexte où les tarifs américains affectent l’économie canadienne.
« Au même moment où on vit cette guerre tarifaire, il y a un investissement dans le secteur du fer pour avoir l’acier le plus vert au monde chez nous. Cela démontre qu’on peut faire des investissements malgré cette guerre tarifaire », affirme Mme Joly.
D’autres investissements seront nécessaires pour déployer le plein potentiel de la fosse du Labrador et soutenir la croissance de l’industrie de fer de haute pureté, selon David Cataford.
« Je pense à l’augmentation de la capacité des installations de la Société ferroviaire et portuaire Pointe-Noire, au bouclage ferroviaire et à l’approvisionnement hydroélectrique dans la région », dit-il « C’est comme ça qu’on va bâtir un véritable corridor de minéraux critiques pour continuer diversifier nos marchés et créer de la richesse collective. »
Un premier accord
MFQ a également conclu un accord commercial couvrant une portion de sa capacité de fer destiné à la réduction directe prévue à brève échéance et poursuit activement des discussions avec plusieurs clients potentiels, à l’échelle internationale, afin de conclure des ententes pour les volumes restants.
Une première vente commerciale d’un navire Capesize, devant transporter au moins 160 000 tonnes métriques humides de minerai de fer de qualité RD, est anticipée au troisième trimestre de l’année civile 2026.
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