Tisser des liens à roulettes
Jonathan Gagné en pleine séance de planche à roulettes au skatepark de Sept-Îles. Photo Nadia Dorval
Le Matanais d’origine Jonathan Gagné devait être à Sept-Îles uniquement durant quelques mois pour la construction du nouveau skatepark, en 2024. Il n’est finalement jamais reparti.
Le travailleur de la construction, Jonathan Gagné, pratique le skate depuis l’adolescence. À 31 ans, on peut l’apercevoir encore plusieurs soirs par semaine roulant dans l’enceinte du skatepark de Sept-Îles, qu’il a lui-même participé à construire.
C’est vers l’âge de 18 ans en, déménageant à Québec, qu’il a découvert véritablement la culture du skate.
Il a commencé à pratiquer le skate dans un esprit de rébellion et de liberté. Il trouvait le cadre des entraînements de hockey un peu trop formel.
« C’est là que j’ai commencé à faire du skate. Comme pour m’échapper un peu de l’encadrement et être plus libre. En plus, ça ne prend pratiquement pas d’équipement. C’est ça qui m’a amené vers le skate. Après ça, j’ai vu l’inclusivité du monde du skate », dit Jonathan Gagné.
Pour lui, le skate ce n’est pas seulement être sur une planche, c’est tout l’univers entourant la pratique de ce sport qui l’a véritablement accroché. Selon Jonathan Gagné, la planche à roulettes c’est vraiment un sport inclusif et accessible. Dans les skateparks, plusieurs générations se côtoient.
« Du skate, bien, ta planche te coûte 200 $, puis après, tu fais ce que tu veux avec », dit M. Gagné.
Son conseil pour les apprentis skateurs, c’est de persévérer. Il explique que c’est difficile au début et qu’il faut beaucoup de temps pour apprendre.
« Mais un coup que tu as appris, je trouve que c’est un des plus beaux sports », dit-il.

Aller voir ailleurs
Avant de commencer à travailler à la construction de skateparks, Jonathan Gagné était électricien. Deux de ses amis travaillaient pour une entreprise de construction de skatepark.
« À un moment donné, j’ai juste décidé de lâcher l’électricité pour aller faire des skateparks », dit-il.
Il en a construit un peu partout au Québec, durant un an. Ensuite, il a eu envie de voir autre chose.
« Je suis allé faire un an des skateparks dans l’Ouest canadien. J’ai adoré. C’était pas la même formule, c’était différent un peu. On avait comme plus notre mot à dire, justement, sur les designs. Puis, on avait plus de liberté sur ce qu’on faisait. »
Au bout d’une année loin du Québec, il a eu envie de revenir. La nouvelle de la construction d’un skatepark à Sept-Îles a piqué sa curiosité. Durant la même période, un de ses amis l’a contacté et lui raconté qu’il avait une nouvelle amoureuse qui venait du Havre-Saint-Pierre. Du même coup, il lui a annoncé son déménagement à Sept-Îles.
« J’ai dit : “Hey, il y a un skatepark à Sept-Îles que je sais que mon ancien boss fait. Je pense que je vais aller le faire, puis je vais me faire une blonde là-bas et rester là, moi aussi” », a-t-il lancé à la blague.
Comme s’il avait prédit l’avenir, cette plaisanterie est devenue réalité. Durant la construction du skatepark de Sept-Îles en 2024, il a rencontré la Septilienne Camille Girard. Elle est devenue sa conjointe et Jonathan Gagné n’est jamais reparti de Sept-Îles.
Moderniser et développer des installations
Le skateur qui travaille maintenant comme charpentier menuisier aimerait voir d’autres villes de la région, ou secteurs de la ville de Sept-Îles construire des installations plus actuelles.
« J’ai vu qu’il y avait des jeunes qui avaient fait une pétition à Port-Cartier pour un skatepark. Je ne sais pas si ça va permettre d’en avoir un là-bas. Ça serait génial. Puis même au Havre, tu sais, d’avoir justement un endroit qui crée une culture du skate ici, en ayant des skateparks en béton, versus ceux d’avant… ça fait que le monde a plus le goût de skater », dit Jonathan Gagné, qui rêve aussi d’un skatepark intérieur.
« Pour qu’au moins, les jeunes puissent continuer à pratiquer leur sport l’hiver. Puis même ça pourrait avoir un lien peut-être avec l’école, un jour, en sport-études », dit-il.
Pour y arriver, dit-il, l’idéal c’est d’avoir un comité bénévole qui s’implique, en collaboration avec diverses organisations, dont la ville. M. Gagné explique que la paperasse n’est pas sa force, mais que tout ce qui est plus technique dans la conception d’un skatepark fait partie de son expertise. Il serait ravi de contribuer à un comité pour la mise sur pied d’autres skateparks dans la région. Le message est lancé !
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