Une serre (encore) problématique au lac Daigle

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Par Manuel Paradis 12:21 PM - 17 juin 2026
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Patrick Bergeron, propriétaire de l’entreprise bioalimentaire le Petit Jardin du Nord, devant sa serre dont la construction a dû être stoppée, en raison du litige qui l’oppose à la MRC de Sept-Rivières. Photo Manuel Paradis

Patrick Bergeron, propriétaire de la micro ferme le Petit jardin du nord, dénonce à nouveau les exigences de la MRC de Sept-Rivières dans une publication qui a été largement partagée sur les réseaux sociaux, dimanche dernier. Rencontré par le Journal en 2023, M. Bergeron affirmait déjà à l’époque que la MRC lui mettait des bâtons dans les roues pour son projet de construction d’une nouvelle serre au lac Daigle.

L’entreprise de Patrick Bergeron produit entre autres des sauces piquantes. Dans sa publication, il adresse un cri du cœur aux autorités, en particulier à M. Benoît Méthot, maire de Sept-Îles et préfet de la MRC de Sept-Rivières, et à Mme la ministre des Ressources naturelles et des Forêts Kateri Champagne Jourdain.

Il prétend que la MRC risque « de le pousser vers la faillite et la dépression pour une simple serre de jardinage ». Cette serre qu’il souhaite installer est nécessaire à la confection de ses sauces, affirme-t-il. 

Rencontré à sa résidence du lac Daigle, M. Bergeron affirme faire des démarches auprès de la MRC depuis 2019. Il prétend que son projet de serre a déjà été considéré conforme par un inspecteur de la MRC, qui ne serait plus à l’emploi de l’organisation. Toutefois, un nouvel inspecteur au dossier et des changements de règlements ont à son avis complexifié son projet, au point où il n’a pas été en mesure d’utiliser une subvention qu’on lui avait octroyée, faute de respect des délais.

Plusieurs voies de passages, selon la MRC

Le préfet de Sept-Rivières et maire de Sept-Îles, Benoit Méthot, croit toutefois que la MRC travaille de façon constructive, pour trouver des solutions.

« Ce que je comprends, et je n’étais pas là dans le passé, c’est que les pourparlers avec M. Bergeron ont toujours été dans une optique constructive, afin de trouver une voie de passage pour permettre l’activité », explique M. Méthot. « Cela à commencer par le changement de zonage, pour permettre justement la culture des fruits et des légumes dans ce secteur-là. […] Ces modifications ont été faites à la demande du promoteur. »

Le préfet confirme que d’autres démarches sont en cours en lien avec la serre que M. Bergeron souhaite construire.

« Il a eu des options, des solutions présentées en 2025 à M. Bergeron, mais il n’a pas donné suite. »

Il assure aussi vouloir développer le territoire et supporter les initiatives, comme celle du Petit jardin du nord.

« L’alimentaire, la culture, l’agronomie, ce n’est pas nécessairement un domaine où on travaille souvent. Il y a potentiellement des améliorations, des allégements à faire, mais encore là, il faut qu’il y ait des discussions avec le promoteur pour savoir exactement ses besoins. »

M. Méthot confirme que des rencontres auront lieu, dans les prochains jours, afin de trouver des solutions.

Des solutions irréalistes, selon l’agriculteur

En réaction, M. Bergeron considère que les solutions proposées par la MRC sont inapplicables.

« Ce qui m’a été offert, c’est de construire ma serre en respectant les nouvelles normes qui ont été déterminées. Ce qui fait que je devrais l’installer dans mon stationnement, où ce n’est pas vraiment construisible. »

Il affirme que la MRC lui propose aussi de retirer la couverture de ladite serre en hiver. Or, cela ne lui permettrait pas de réaliser son projet d’agriculture convenablement, étant données les conditions climatiques de la Côte-Nord.

Finalement, la MRC propose aussi de faire modifier le zonage. Cette solution est à son avis trop dispendieuse puisqu’elle implique des frais d’arpentage. 

La Table bioalimentaire appuie le projet

Meggie Henley, la directrice générale par intérim de la Table bioalimentaire Côte-Nord, est bien au fait du dossier et appuie le projet de M. Bergeron.

« Nous tenons à trouver un compromis et un terrain d’entente à long terme avec la MRC non seulement pour le Petit jardin du Nord, mais aussi pour tous les producteurs agricoles », explique-t-elle. « L’entraide, la collaboration, la solidarité et la bonne entente sont des aspects importants et même nécessaires pour que, collectivement, la région progresse vers une autonomie alimentaire. Nous avons bon espoir qu’un dialogue ouvert et respectueux est possible et qu’au bout du compte, nous pouvons tous regarder dans la même direction. »

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