Menacée de fermeture en raison de travaux dont le prix explose, la Maison Lina Cyr lance un appel au grand public pour regarnir ses coffres, sans quoi elle risque de fermer. « Les patients greffés de la Côte-Nord ont absolument besoin de cet endroit », commente Steve Bujold, qui y a séjourné en attendant sa greffe pulmonaire en 2020.
Sis au cœur du Plateau-Mont-Royal, l’établissement accueille depuis 1994 des patients de partout au Québec, qui attendent une intervention de greffe d’organes. Chaque année, près de 2500 personnes y séjournent pour la modique somme de 35 $ par nuit. Ceci comprend l’hébergement, les repas, le câble et l’internet. Les accompagnateurs des patients peuvent également bénéficier de ce tarif avantageux.
Pour le Septilien Steve Bujold, l’attente de sa greffe pulmonaire a duré trois mois. Il aurait été impensable pour lui de débourser les frais d’hébergement dans un hôtel à Montréal. Micheline Asselin, la directrice de la maison, soutient que leur service occasionne une épargne d’environ 34 M$ par année au système de santé. « La Maison Lina Cyr est une bouée pour les patients », image-t-elle.
Comme les seuls centres de greffe d’organe au Québec se situent à Montréal, les patients provenant des régions n’ont d’autre choix que de séjourner dans cet endroit. Mme Asselin affirme que, dans les trois dernières années, 258 patients et accompagnateurs provenaient de la Côte-Nord.
« Les chambres ainsi que le personnel nous mettent instantanément à l’aise dans une période stressante de notre vie », dit Steve Bujold.

Atteint de fibrose pulmonaire, il était essoufflé au moindre effort, avant de bénéficier de nouveaux poumons. Même s’il a dû faire de la réadaptation pendant près de deux ans, il mène maintenant une vie normale. Machiniste chez IOC, il aime faire du vélo et voyager avec sa conjointe.
Une histoire de famille
La Maison des greffés a été fondée par Lina Cyr, une patiente ayant bénéficié d’une transplantation de foie dans les années 1980. Micheline Asselin, la fille de Mme Cyr, assure depuis quelques années la direction de l’établissement. « Lorsque ma mère allait à ses rendez-vous dans les hôpitaux du centre-ville de Montréal, elle était touchée par les récits des malades provenant des quatre coins de la province », explique-t-elle.
De là est née l’idée de mettre sur pied un type d’hébergement répondant spécifiquement aux besoins des greffés. Mme Cyr a pu fonder cet établissement conjointement avec son médecin traitant, le docteur Pierre Daloze, qui avait procédé à la greffe hépatique.
La facture qui ne fait que grimper
Les volumineux travaux de réfection du bâtiment qui héberge la maison des greffés ont débuté en décembre 2024. L’immeuble centenaire était autrefois habité par des religieuses et la ville de Montréal lui consacre ainsi une valeur patrimoniale.
Depuis le début des travaux, les mauvaises surprises se sont accumulées – on y a découvert de l’amiante et des infiltrations d’eau – et le financement du ministère de la Santé et des Services sociaux n’a pas suivi.
« Nous sommes vraiment dans une situation d’urgence », affirme Micheline Asselin.
La directrice de l’établissement invite le public à faire un don à sa cause, sinon l’établissement pourrait fermer définitivement ses portes dans les prochains mois. Pour l’instant, ils n’ont récolté que la moitié des 2,8 M$ requis pour l’achèvement des travaux.
Les personnes intéressées peuvent donner directement sur le site internet de la Maison Lina Cyr.
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