Programme Nouveaux horizons : des projets d’aînés menacés par la bureaucratie
La député Marilène Gill demande un report de la réforme du programme Nouveaux Horizons pour les aînés. Photo Bernard Thibodeau
La députée de Côte-Nord–Kawawachikamach–Nitassinan, Marilène Gill, presse Ottawa de revoir les nouvelles exigences administratives du Programme Nouveaux horizons pour les aînés. Selon elle, plusieurs organismes communautaires de la région risquent d’être exclus du programme en raison de critères qu’elle juge inadaptés à leur réalité.
Des clubs d’aînés et organismes communautaires de plusieurs régions du Québec, dont certains présents sur la Côte-Nord, pourraient voir leurs projets compromis en raison de nouvelles exigences administratives imposées dans le cadre du Programme Nouveaux horizons pour les aînés.
C’est ce qu’affirme la députée de Côte-Nord–Kawawachikamach–Nitassinan, Marilène Gill, qui demande au gouvernement fédéral de suspendre la réforme et de revoir ses critères d’admissibilité.
Selon l’élue bloquiste, les nouvelles règles touchent notamment des sections locales de la FADOQ et du Cercle des fermières, qui s’appuient largement sur le travail bénévole pour mener leurs activités.
Elle soutient que plusieurs de ces groupes ne disposent ni des ressources humaines ni de l’expertise administrative nécessaires pour satisfaire aux nouvelles exigences dans les délais prévus.
« Cette situation crée énormément d’incertitude et d’anxiété au sein des clubs et sections régionales d’organismes d’aînés dont la structure repose essentiellement sur l’engagement bénévole. Ottawa demande qu’ils s’enregistrent comme entreprise, ce qui pourrait prendre jusqu’à 10 mois, alors qu’ils ne disposent que d’un mois pour soumettre leurs projets », affirme Mme Gill.
« Ce critère disqualifie aussi d’emblée certains petits groupes, comme certaines FADOQ et Cercles de fermières de niveau local, dont l’organisation mère est enregistrée, mais pas eux », ajoute l’élue fédérale.
Selon elle, ces exigences sont « totalement déconnectées » de la réalité de ces organismes communautaires voués aux aînés qui ne disposent ni du personnel de bureau ni de comptable attitré en mesure de naviguer à travers ces écueils administratifs. « C’est un casse-tête inimaginable pour les bénévoles qui travaillent au mieux-être des aînés. »
La députée indique avoir transmis une lettre à la ministre responsable cette semaine afin de demander un report de la réforme. Elle souhaite que les organismes disposent du temps nécessaire pour se conformer aux nouvelles règles et qu’aucun groupe ne soit pénalisé par des critères qu’elle considère mal adaptés au milieu communautaire.
Marilène Gill rappelle que les clubs d’aînés et les sections locales de la FADOQ et du Cercle des fermières jouent un rôle important dans les communautés, particulièrement en région. Elle souligne leur contribution à la lutte contre l’isolement des personnes âgées ainsi qu’à la vitalité sociale des municipalités.
« Les clubs d’aînés et sections locales de la FADOQ et du Cercle des fermières jouent un rôle essentiel dans la vitalité des communautés régionales. Actifs dans toutes les régions du Québec, ils contribuent notamment à briser l’isolement des aînés et à renforcer le tissu social de leur communauté », croit-elle.
« La réforme du programme Nouveaux horizons du gouvernement libéral n’est pas conçue pour répondre à la réalité des organismes et des aînés québécois : au lieu de les aider, elle nuit à leurs projets. Nous demandons à Ottawa de la repousser et de retourner à la planche à dessin », conclut-elle.
Pour l’instant, le gouvernement fédéral n’a pas réagi publiquement à la demande formulée par la députée nord-côtière.
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