Parc Holliday à Sept-Îles : des décorations qui dérangent
Décorations au parc Holliday de Sept-Îles. Photo Manuel Paradis
La Septilienne Marie-Vicky Petel a dénoncé, via une vidéo publiée le 31 mai sur ses réseaux, l’abondance de décorations installées tout le long du sentier de la Petite piste au parc Holliday de Sept-Îles. Elle déplore entre autres les impacts environnementaux d’une telle initiative.
Les sentiers du parc Holliday sont très prisés par les familles septiliennes. Pistes de ski de fond, sentiers de raquette et de randonnée font le bonheur de tous.
Les sentiers sont parsemés de mangeoires pour les oiseaux et les écureuils, ce qui ne manque pas d’émerveiller les enfants de tout âge. Des décorations à thématiques saisonnières se sont ajoutées au fil des ans. Ce qui a choqué Marie-Vicky Petel lors de sa promenade de dimanche dernier, c’est l’abondance de décorations.
« Ça m’a troublée un peu. Puis là, j’ai constaté qu’il y avait des grignotures sur des jouets en plastique, sur des peluches et tout. Je me suis dit, écoute, c’est les animaux. Je me suis interrogée aussi sur la question environnementale, parce qu’en voyant une peluche sur un arbre, j’ai vu que la peluche était en mode décomposition, puis que la branche suivait avec », raconte Mme Petel.
Suite à la publication de sa vidéo, Mme Petel a décidé d’entreprendre des démarches pour alerter la Ville et pour que les décorations en plastique et les peluches soient retirées.
La Ville de Sept-Îles a indiqué par courriel au Journal « être au courant de la situation depuis quelques années ». L’installation de décorations au sentier a d’ailleurs été tolérée par la municipalité. Quelques interventions ont été faites par le passé, afin que l’ajout d’objets cesse.
« Comme plusieurs citoyens, nous sommes préoccupés par l’ampleur qu’ont prise ces aménagements et particulièrement, par les impacts potentiels de l’accumulation de matières plastiques sur la petite faune et sur l’environnement », écrit par courriel la Ville de Sept-Îles.
Pour égayer les enfants
C’est la Septilienne Carolle Maltais qui entretient et décore les sentiers bénévolement, et ce, depuis une dizaine d’années.
« J’ai commencé par faire juste la petite piste pour enfants. J’ai décoré deux années consécutives pour Pâques. Alors, j’accrochais des choses sur les arbres, des petits crayons, des calepins, des toutous, des bonbons, et puis (…) ça marchait quand même assez bien. Les gens ont apprécié », dit Mme Maltais.
La dame de presque 69 ans sillonne quotidiennement les sentiers pour vider les poubelles, ramasser les déchets abandonnés et vérifier l’état des décorations.

« J’ai des écoles qui viennent, j’ai des garderies qui viennent, des maternelles. Ils viennent faire des choses dans le bois, puis ils viennent voir ça, ils s’amusent. Ils ont beaucoup de plaisir. Alors moi, je le fais pour les enfants », dit-elle.
Elle assure que la Ville est au courant de la situation et qu’elle est tolérée. Elle dit avoir eu des discussions avec des représentants de la municipalité aux environs de février-mars. On lui aurait dit de ne pas ajouter de décorations, mais que l’état actuel était toléré.
Mme Maltais ne nie pas que certains puissent trouver ça trop.
« Peut-être qu’ils trouvent qu’il y en a trop, peut-être, ça c’est possible. Mais il y a des gens qui en ont rajouté. Ce n’est pas moi qui en ai rajouté. Il y a des gens qui en ont mis, parce qu’ils trouvent ça beau, ils trouvent ça accueillant », dit Carolle Maltais.
Enjeux environnementaux
Selon la Corporation de l’environnement de Sept-Îles (CPESI), des décorations en plastique et en matières synthétiques peuvent véritablement avoir un impact sur la faune et la flore.
« Ces choses, ces objets, ces décorations, peuvent se dégrader en particules de plastique et de microplastique, on va dire, ou en tout petit morceau de peluches synthétiques », dit Ines Mollaret, chargée des communications et de la philanthropie pour la CPESI. « Ces impacts peuvent avoir des répercussions sur la faune, qui peuvent s’empêtrer les pattes et les ailes dedans. Ça peut être ingéré, mangé, puis causer des problèmes intestinaux pour les animaux (…) ça leur donne aussi une sensation de satiété, comme ça bourre le ventre alors que ça ne nourrit pas. Puis aussi, ils peuvent s’en servir pour faire de la nidification ou créer des abris, ça reste que ce n’est pas bon », dit-elle.
Les impacts pour la flore sont que si les éléments de plastique ne sont pas ramassés et qu’ils tombent par terre, ils peuvent se dégrader en microplastique.
« Ils vont aller dans le sol, vont être transportés par les pluies, les cours d’eau, etc. », dit Mme Mollaret.
Ce que la CPESI suggère, c’est de plutôt utiliser des matériaux naturels pour les décorations, ce qui ne cause pas d’impact sur la faune et la flore.
Pour Marie-Vicky Petel, l’histoire n’est pas terminée. Les prochaines étapes seront de vérifier avec la Ville de Sept-Îles si elle peut, avec d’autres bénévoles, retirer les décorations de plastiques et les peluches.
À découvrir
Des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.
Mon avis est que prendre une marche en nature c’est vouloir apprécier le decors de la nature.ca me choque les decorations dans la forêt, ca altère la beauté de la nature par des objets nin naturel.
Des fois, trop c’est trop et ce n’est plus esthétique. C’est vrai que dévorer du plastique c’est nocif pour tous, autant pour les animaux.