Du haut de ses 17 ans, le Baie-Comois Lucas Normandeau vient de réaliser un projet dont plusieurs musiciens rêvent, soit créer, enregistrer et produire un album complet de façon autonome.
Ce qui n’était au départ qu’une accumulation de mélodies conservées dans la mémoire de son téléphone cellulaire est devenu un véritable album de 11 pièces intitulé Fractale.
Étudiant en Arts, lettres et communication au Cégep de Baie-Comeau, le jeune artiste qui s’identifie sous le pseudonyme Quand Juin Revient a consacré les derniers mois à donner vie à ce projet musical indépendant qui met en valeur son univers créatif.
« J’étais tanné de garder tout ça dans mon téléphone. J’avais envie que ça devienne quelque chose de concret et de pouvoir le partager », raconte-t-il.
L’aventure a véritablement débuté au cours de l’hiver 2026. Le jeune musicien a alors transformé un coin de la maison familiale en studio d’enregistrement improvisé. Il y a assuré lui-même toutes les étapes de production telles que captation sonore, arrangements, mixage, conception artistique et même l’enregistrement d’ambiances naturelles recueillies en forêt.
Façonné dans les moindres détails
Si la guitare classique demeure au cœur de l’album, Lucas y ajoute également de la guitare électrique, du piano, de l’accordéon et plusieurs effets sonores qu’il a lui-même créés.
« Ce que j’ai le plus aimé, c’était de voir les chansons se construire peu à peu, en ajoutant des instruments, des sons de la nature et plein de petits détails », explique-t-il.
Le processus de création s’est étalé sur près de six mois. Certaines compositions existaient déjà depuis plusieurs mois, alors que d’autres ont vu le jour beaucoup plus rapidement. L’une des pièces préférées du public, souligne-t-il en riant, a même été composée en moins d’une heure pour remplacer une chanson qu’il avait finalement retirée de l’album.

La création avant tout
Depuis l’enfance, la musique occupe une place importante dans la vie du jeune baie-comois. Initié très tôt à l’éveil musical puis à la guitare, Lucas attribue en grande partie cette passion à sa mère, elle-même musicienne.
« Chez nous, la musique a toujours été importante. Ma mère jouait de plusieurs instruments et je trouvais ça vraiment cool. Je me disais que je voulais être comme elle », avoue-t-il.
Après s’être adonné à la guitare durant son enfance, il a toutefois mis la musique de côté pendant une partie de son parcours au secondaire avant d’y revenir quelques années plus tard avec un enthousiasme renouvelé.
Aujourd’hui, il se définit avant tout comme un créateur.
« Quand je prends une guitare, je n’ai pas envie de jouer des chansons qui existent déjà. J’ai besoin d’inventer quelque chose. Mon cerveau est toujours en train de créer », dit-il.
Cette approche explique également pourquoi Fractale est entièrement instrumental.
« Je préfère laisser parler les instruments. Pour moi, la musique est une langue muette, mais c’est la plus belle de toutes », laisse-t-il tomber.
Un accueil inattendu
Même si Lucas ne nourrit pas l’ambition de faire carrière dans l’industrie musicale et envisage plutôt un avenir dans l’enseignement des arts, l’accueil réservé à son album l’a agréablement surpris.
« Des jeunes de mon âge que je ne connais même pas viennent me voir pour me dire qu’ils ont aimé l’album. Ça me rend vraiment heureux. À la base, je faisais juste de la musique chez moi et j’avais envie de la partager », confie-t-il le sourire dans la voix.
Disponible sur les plateformes numériques depuis la fin mai, Fractale marque ainsi une première étape importante dans le parcours artistique du jeune créateur nord-côtier. Une étape qu’il considère moins comme un point d’arrivée que comme l’aboutissement d’un besoin profond de donner vie à son imaginaire musical.
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