Les stratagèmes de fraude évoluent et continuent de toucher bien des gens chaque année. Dans le but de sensibiliser la population et les entreprises, des conseillers de Desjardins ont rencontré plusieurs Nord-Côtiers.
Karl Lapointe-Legault, conseiller principal en prévention de la fraude, et Josée Bordeleau, conseillère principale en sécurité, pour le bureau de sécurité du Mouvement Desjardins, ont passé la semaine sur la Côte-Nord.
Ils ont tenu des rencontres à Sept-Îles et Baie-Comeau. « On veut vraiment rencontrer un maximum de personnes possibles pour augmenter l’impact », mentionne M. Lapointe-Legault.
« On a commencé la semaine avec une première conférence auprès des aînés en résidence. On leur a parlé des différents stratagèmes qui les touchent principalement », raconte-t-il.
Ce dernier cite l’arnaque téléphonique, du faux représentant, l’arnaque grands-parents ou encore de l’évolution des stratagèmes avec l’intelligence artificielle. « L’attaque du faux de représentant, on en entend beaucoup parler depuis les dernières années. Le fraudeur se fait passer pour un représentant d’une institution financière ou un policier », note le conseiller.
Les conseillers ont aussi rencontré des entrepreneurs de grandes entreprises et de PME. « J’ai eu beaucoup de témoignages par rapport à l’arnaque du faux fournisseur ou à l’arnaque du faux président, par exemple. J’ai des petites et des moyennes entreprises qui nous ont confié avoir eu certains stratagèmes », souligne Karl Lapointe-Legault.
Évolution
L’évolution des types de fraudes est principalement marquée par l’intelligence artificielle. « Les stratagèmes existent depuis longtemps, mais on remarque une sophistication et une industrialisation du stratagème de fraude à grande échelle », fait savoir M. Lapointe-Legault.
Selon ce que le conseiller explique, les outils d’intelligence artificielle peuvent permettre aux fraudeurs de récolter davantage d’informations et plus facilement, en utilisant le dark web ou même les réseaux sociaux. « On parle aussi beaucoup d’hameçonnage. On l’oublie, mais certaines études démontrent que plus de 80 % des cas de fraude commencent par l’hameçonnage en général », poursuit-il.
De plus, il mentionne que tous les groupes d’âge sont visés par es stratagèmes de fraude, qui s’adaptent à l’âge de la personne visée. Il indique que même si la plus jeune génération est née dans la technologie, le manque de méfiance peut jouer contre les jeunes.
Émotions et réaction
Pourquoi est-ce que la fraude est encore si présente et que les gens se font prendre ? C’est la manipulation, remarque le conseiller Desjardins. « Les fraudeurs utilisent des actions qui visent à manipuler les personnes. C’est plus facile de pirater un humain que de pirater un système informatique, car on passe nos barrières, on utilise notre nature humaine, nos émotions », souligne-t-il.
Karl Lapointe-Legault note que les fraudeurs font appel à la pression et manipulent la nature humaine, qui veut réagir rapidement en situation d’urgence.
Le conseiller rappelle que le plus important pour les gens qui se retrouvent face à une fraude, l’important, c’est de les signaler.
« L’année passée, on parlait de 704 M$ de fraudes recensées par le Centre antifraude du Canada, ce qui est énorme. C’est 112 000 signalements. Mais, il faut comprendre que ce n’est que la pointe de l’iceberg, car seulement 5 à 10 % des fraudes sont signalées », soutient-il.
« Il faut aussi se rappeler qu’il n’y a pas de honte à avoir », conclut-il. Une panoplie de trucs peuvent être développés pour éviter de tomber dans le piège, mais s’il y a un conseil que Karl Lapointe-Legault peut donner, c’est de « prendre son temps ».
« On est dans une ère où tout va tellement vite. Il faut s’arrêter quelques minutes. Il faut reprendre le téléphone et utiliser le numéro officiel. »
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