Dans la Manicouagan, il y a Northern Graphite qui s’est montré intéressé par Baie-Comeau comme emplacement stratégique, pour y construire une usine de matériaux d’anodes de batterie.
Toutefois, le projet demeure en suspens, en attendant des conditions énergétiques et financières plus favorables. C’est ce que dévoilait l’entreprise en février, lors d’une annonce de construction d’une usine en Arabie saoudite.
« Je crois au potentiel de ce secteur [minéraux critiques], notamment pour la filière batterie. Mais, est-ce que ça va se développer d’ici 5 ans », lance la présidente-directrice générale du Port de Baie-Comeau, Karine Otis.
Cette dernière travaille en étroite collaboration de façon active avec l’entreprise Norderra, qui a pris possession de l’ancienne papetière de Baie-Comeau, là où Northern Graphite souhaite s’installer.
« Les minéraux critiques, c’est sur toutes les lèvres. […] C’est un nouveau secteur. Ce sont des mines qui doivent d’abord entrer en exploitation et on n’est pas encore rendu là. Il y a encore beaucoup de travaux à faire de la part de nos entreprises pour faire entrer ces mines-là en phase d’exploitation », croit Mme Otis.
Cependant, elle voit d’un bon œil les différentes entreprises intéressées par la Côte-Nord en ce qui a trait aux minéraux critiques. « Évidemment qu’on se prépare à ça. En termes de transport et de logistique, ces minéraux-là vont sortir par Baie-Comeau », partage la PDG.

Elle mentionne que Baie-Comeau pourrait ainsi se positionner comme pôle industriel stratégique dans la chaîne de valeur des batteries.
Le Port de Baie-Comeau rappelle que le grand chantier de réfection totale du terminal no 5 et de sa capacité d’entreposage, tout comme les travaux de préparation du site de Norderra, sont réalisés en prenant en compte les besoins futurs de ces entreprises.
Contraintes
« Je pense qu’on a encore beaucoup de contraintes dans le développement de ces projets-là », déclare Karine Otis.
Celle-ci fait référence à la difficulté pour les projets industriels de plus de 5 mégawatts à obtenir la location énergétique.
« On a aussi les contraintes liées aux tarifs américains et à l’incertitude sur les marchés et sur l’incertitude géopolitique, ce qu’on n’avait pas il y a deux ans », indique-t-elle.
« C’est un secteur qui vit présentement une période de turbulences et ça ralentit le développement économique », croit la PDG, qui tient cependant à réitérer qu’elle croit dur comme fer au développement de ce secteur sur la Côte-Nord. « Même si ce n’est pas demain, je pense qu’on va voir un jour du graphite sortir de la Côte-Nord et de Baie-Comeau. »
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