Conserver l’innu-aimun : protéger l’histoire des Premières Nations
Audrey-Lise Rock-Hervieux est reconnue pour son implication au niveau de l'éducation en communauté. Photo courtoisie
De plus en plus d’enfants innus de la Côte-Nord ne parlent plus couramment l’innu-aimun. C’est une situation préoccupante pour la blogueuse et conférencière Audrey-Lise Rock-Hervieux, connue sous le nom de Maman autochtone.
« Notre langue, c’est pas seulement des mots, c’est une façon de voir le monde, des connaissances, des valeurs, des histoires, des légendes, un lien avec le territoire », déclare-t-elle.
Elle explique qu’à l’école primaire de Pessamit, sur un cycle de neuf jours, seulement deux journées comprennent un cours en langue innue. « Je sais qu’il faut respecter les règlements qui sont régis par le ministère de l’Éducation, mais en même temps, on parle toujours d’autodétermination en communauté, il serait temps de décider ce qui est le mieux pour nous. »
Pour cette femme de Pessamit, les communautés étant « bloquées » par le ministère de l’Éducation, la responsabilité de transmettre l’innu-aimun revient aux parents. Elle estime que cet engagement est essentiel pour éviter la disparition de cette langue, qui constitue une partie intégrante de l’histoire des peuples des Premières Nations.
« Moi, je parle uniquement innu avec mes enfants, je trouve ça triste de voir que certains enfants de la communauté ne savent pas du tout parler leur langue », ajoute Audrey-Lise, qui reçoit fréquemment des compliments sur la qualité de l’innu-aimun de ses deux enfants.
Elle rappelle que certains parents non plus, n’ont pas eu la chance d’apprendre correctement la langue dans leur jeunesse.
« Il y a toute la réalité des jeunes d’aujourd’hui qu’il faut prendre en compte. Beaucoup sont surexposés au français et à l’anglais sur les réseaux sociaux, à la télé et parfois dans les jeux vidéo », insiste-t-elle.
Maman autochtone reste optimiste. « Oui, la situation est préoccupante, mais je pense sincèrement que les générations à venir vont réaliser l’importance de conserver l’innu-aimun, parce qu’il fait partie de qui nous sommes. »
Plusieurs ressources sont offertes par l’Institut Tshakapesh, pour apprendre l’innu-aimun de façon autonome.
Juin est le Mois national de l’histoire autochtone. Il célèbre la résilience, les cultures, les savoirs et le leadership des Premières Nations, des Inuits et des Métis.
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