Selon un document publié récemment, la pénurie de places subventionnées en service de garde est une crise encore d’actualité. Tandis que 519 enfants sont toujours en attente d’une place sur la Côte-Nord, le nombre d’enfants en attente d’une place depuis 24 à 60 mois et plus a bondi de près de 75 %, pendant que seules 84 places ont été créées dans la région depuis 2022.
Ma place au travail est un organisme sans but lucratif, non partisan, qui regroupe principalement des parents qui vivent, ou qui ont vécu les conséquences multiples liées à la pénurie de place en services de garde éducatifs à l’enfance. L’organisation a publié le 27 mai un livre blanc, qui propose une vision d’ensemble pour l’amélioration du réseau des garderies.
Le document rédigé à partir, entre autres, d’une consultation citoyenne menée avec l’Institut du Nouveau Monde, souligne aussi une conséquence de plus en plus importante, soit la pénalité économique que subissent les mères sur le marché du travail, faute d’un soutien collectif suffisant.
Selon le document, la pénalité à la maternité est un écart économique durable subi par les mères. Celui-ci est généralement causé par les difficultés d’accès aux services de garde éducatif à l’enfance, qui oblige le plus souvent les mères (63 % contre 15 % chez les pères) à prendre des congés sans solde, réduire leurs heures de travail ou abandonner leur emploi, ou leurs études, afin d’assumer la logistique de garde. Ce sont aussi principalement les mères qui assument entièrement les démarches de recherche (73 % contre 20 % chez les pères).
Ces iniquités contribuent à un écart de 30 % entre le revenu des hommes et des femmes à la retraite, une différence qui persiste depuis 1997, selon les estimations présentées dans le document. Rappelons que « le revenu moyen après impôt des particuliers de 16 ans et plus est de 46 000 $ en 2023 et qu’il est moins élevé chez les femmes que chez les hommes, soit 42 300 $ comparativement à 49 800 $ », selon l’Institut de la statistique du Québec.
Les résultats présentés dans le livre blanc s’appuient en partie sur une étude réalisée par Mallette, pour le compte de l’OBNL en 2025. Issues d’un sondage réalisé auprès de 1 370 répondants qui résident au Québec et qui sont parents d’enfants de 9 mois à 5 ans, on y apprend que 38 % des enfants sont en attente d’une place en garderie et que 27 % sont en milieu non subventionné.
Les auteurs de l’étude estiment que la perte moyenne causée par la période sans place en garderie est de 25 525 $, et que 40 % des familles dans cette situation perdent plus de 20 000 $ par année.
C’est sur la Côte-Nord que les délais d’attente de plus d’un an sont les plus fréquents (37 % contre 13 % pour l’ensemble du Québec). C’est aussi sur la Côte-Nord que les familles doivent le plus souvent s’endetter pour répondre à ce manque d’accessibilité (44 % contre 25 % pour l’ensemble du Québec).
Ma place au travail formule huit recommandations à la suite de la publication de son livre blanc. Parmi les recommandations, l’organisme insiste sur la nécessité de « simplifier les processus d’inscription et de recherche de place, en reconnaissant la charge mentale déjà significative des parents de jeunes enfants et l’importance de la prévisibilité du moment d’entrée en service » et de « développer un réseau 100 % subventionné misant d’abord sur les CPE, tout en renforçant les standards de qualité et le soutien offert aux milieux familiaux et en augmentant l’offre de places poupons. »
Les personnes intéressées peuvent consulter le document au https://www.maplaceautravail.org/livre-blanc-sgee.
À découvrir
Des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.