La photo d’archives du mois ǀ Les remèdes de l’infirmière Bignell
Remède contre le rhumatisme par l’infirmière de colonie Éveline Bignell, vers 1940. Archives nationales à Sept-Îles, fonds Éveline Bignell (P47, S2, SS4, SSS1, D1).
Les infirmières de colonie ont joué un rôle crucial dans les localités isolées du Québec. Aux Archives nationales à Sept-Îles, nous conservons le fonds d’archives d’Éveline Bignell, qui a été infirmière à Moisie, Rivière-au-Tonnerre et Aguanish dans les années 1930 et 1940. Certains documents contiennent des notes manuscrites sur les remèdes qu’elle utilisait selon les maladies et blessures qu’elle devait soigner. Beaucoup d’informations sur les soins prodigués aux villageois consignées dans des cahiers nous permettent de découvrir la médecine pratiquée par les infirmières de colonie.
En parcourant les documents rédigés par Éveline Bignell, nous pouvons constater qu’une grande partie de son travail d’infirmière de colonie est d’instruire les familles sur les règles d’hygiène, les soins de base et la nutrition pour favoriser une bonne santé. Certains patients se plaignent de maux de ventre parce qu’ils n’ont pas fait bouillir l’eau suffisamment longtemps avant de la boire. D’autres souffrent de constipation; Éveline Bignell leur recommande une diète légère constituée de légumes, de fruits et de céréales à fibres entières plutôt que de pain. L’infirmière recommande aux parents d’offrir aux enfants en bas âge du lait, du jus d’orange et du « Pablum » pour augmenter leur apport en vitamines essentielles à leur croissance.
En feuilletant ces notes manuscrites, nous trouvons quantité de remèdes prescrits et administrés par Éveline Bignell pour guérir des infections mineures, la fièvre et la toux, ainsi que des blessures dues à des accidents de travail. Si certains produits, comme le mercurochrome et le lait de magnésie, nous sont bien connus, certains remèdes diffèrent largement de la pharmacopée actuelle. Pour soigner le rhume et la congestion des poumons, l’infirmière prescrit du sirop à la menthe et des compresses de térébenthine et d’huile d’olive. Un patient se fait recommander de nouer un bas de laine autour de son cou et de le garder toute la nuit pour guérir des douleurs à la nuque. Un cataplasme de graines de lin servait à traiter une infection de la mâchoire. Une infusion de tripe de roche (lichen) soignait des problèmes à la vessie.
Pour administrer ses soins aux villageois, Éveline Bignell devait faire preuve de patience et de psychologie puisque certains patients se montraient récalcitrants. À propos d’un patient, elle écrit qu’il est « difficile de le soigner, car il a ses vieilles idées ».
Remède contre le rhumatisme : 2 onces d’écorce de cascara, ½ once de graines de céleri. Mettre les deux produits dans 40 onces d’eau froide. Faire bouillir et réduire à 20 onces. Couler et mettre dans plusieurs petites bouteilles au frais. Dose : 2 cuillerées à thé dans 1 verre à vin d’eau froide avant les repas. Vendu à 6 ¢ l’once.
Sources :
Consultations, vers 1927-1941. Archives nationales à Sept-Îles, fonds Éveline Bignell (P47, S2, SS2).
Informations médicales, 1941. Archives nationales à Sept-Îles, fonds Éveline Bignell (P47, S2, SS4, SSS1).
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