Avec un chômage qui s’établissait à 3,3 % en janvier 2026 sur la Côte-Nord, un employé, on le sait, ça ne court pas les rues. Un bon, encore moins. Malgré les nombreux défis, certaines entreprises continuent de se démarquer.
Dans une région comme la Côte-Nord, la pénurie de main-d’œuvre, ça paraît : nous sommes aux premières loges pour observer les rouages de l’économie en action. Que font les employeurs de la région, concrètement, pour s’assurer d’attirer des employés, et surtout pour s’assurer de les garder ?
FG te fait bouger
Frédérick Gagnon de Remorquage FG a décidé de faire les choses en grand. Plutôt que de miser sur le recrutement de main-d’œuvre étrangère pour pourvoir les postes vacants, il choisit de se concentrer sur les bénéfices qu’il peut offrir à ses employés, afin de les fidéliser.
En plus du programme « FG te fait bouger » qui permet à chaque employé de réaliser une activité physique de leur choix, toutes dépenses payées (jusqu’à concurrence de 300 $), l’entrepreneur les aide aussi en payant la taxe de bienvenue, lors de l’achat d’une première maison.
Et bien sûr, le nerf de la guerre, M. Gagnon offre dès l’embauche un salaire plus élevé que la norme du marché, tant local que québécois. Il observe que, malgré certains imprévus, son taux de roulement a significativement diminué, depuis qu’il a mis en place ces différentes initiatives.
Le vrai horaire flexible
À Baie-Comeau, Punché ! l’agence, anciennement Image Expert, adopte une approche similaire. L’entreprise, qui existe depuis 28 ans, a récemment complètement revu son modèle d’affaires, passant d’une agence se concentrant principalement sur les communications, à une organisation qui accompagne ses clients dans l’élaboration et la mise en place de stratégies de croissance tout en optimisant les processus de production, la gestion des ressources humaines, l’administration, le financement, le marketing et le développement des affaires.

Marie-Pierre Roy, présidente et propriétaire de l’entreprise, mise sur l’autonomie de ses employés et le plaisir au quotidien pour réaliser ses objectifs d’affaires.
« On est vraiment une gang le fun, ça se sent quand on rentre au bureau. On applique ce qu’on conseille à nos clients, c’est-à-dire de s’assurer que les forces des employés sont prises en compte, lorsqu’on définit les rôles dans l’organisation. Chez Punché ! l’agence, chaque personne est sur la bonne chaise. C’est crucial pour une entreprise, parce que quelqu’un qui est à la bonne place, il va passer de bon à excellent. »
Elle a implanté depuis plusieurs années une politique du « vrai horaire flexible ». Les employés, conditionnellement à ce que leurs obligations et engagements professionnels soient rencontrés, peuvent réellement travailler au moment où ils le préfèrent, incluant le soir et le week-end. L’entreprise offre aussi un budget à ses employés qui permet l’achat d’articles de sport, la participation à des activités ou pour toutes autres dépenses liées au bien-être.
La cerise sur le sundae, l’équipe fait une fois par année un voyage de planification.

« Ça nous permet de passer du temps de qualité, de faire du team building et de planifier l’année. En, 2024 nous sommes allés au Costa-Rica, et l’an passé en Martinique ! »
Elle aussi constate que ces efforts engendrent des résultats significatifs. Le faible taux de roulement et l’ambiance positive permettent une hausse importante de productivité, un engagement accru qui, à terme, bénéficie grandement à l’entreprise, entre autres en diminuant significativement les coûts de gestion des ressources humaines.
Enjeux de concurrence
Malgré leurs efforts, les entreprises qui tentent d’intervenir sur les conditions de travail pour attirer et retenir des employés peuvent parfois se heurter à la dure réalité des marchés. En effet, certains rapportent que leurs efforts peuvent parfois limiter leurs capacités de production, ce qui les défavorise par rapport à d’autres concurrents, qui, eux, ont choisi des approches différentes pour répondre à leurs enjeux de main-d’œuvre.
En particulier, Frédérick Gagnon souligne que les exigences en termes d’équilibre travail-famille de certains nouveaux arrivants et de certains travailleurs étrangers ne sont pas comparables au standard québécois, ce qui peut parfois avantager les entreprises qui ont recours à ce type de main-d’œuvre, en particulier par rapport à leur capacité à accepter un plus grand volume de contrats.
« C’est plus difficile de diriger une entreprise quand tes employés ne sont pas obligés de travailler, quand tu compares avec des employés qui n’ont pas le choix. »
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