Malgré quelques secteurs durement touchés, la Côte-Nord demeure loin des grands foyers de pannes observés ailleurs au Québec depuis le début de 2026. Une nouvelle plateforme de données permet toutefois de cibler avec précision les endroits nord-côtiers les plus affectés par les interruptions de courant.
Depuis le 1er janvier 2026, une carte interactive développée dans le cadre d’un projet de recherche universitaire compile les interruptions de service d’Hydro-Québec à travers la province. Alimenté toutes les 15 minutes à partir du portail Info-Pannes, l’outil permet désormais de visualiser les secteurs où les citoyens ont été le plus longtemps privés d’électricité.
Sur la Côte-Nord, les données cumulées en date du 19 mai montrent que les longues pannes demeurent relativement limitées comparativement aux grands centres urbains québécois. Quelques secteurs isolés se démarquent néanmoins par des interruptions répétées ou prolongées.
Le secteur ayant cumulé le plus grand nombre d’heures de panne dans la région se trouve sur le territoire de la Zec de Labrieville. On y a enregistré 24 heures et 15 minutes de panne réparties sur deux journées au mois de mars.
Non loin derrière, un secteur de la route 389, près des installations d’Hydro-Québec aux postes des Outardes et de Micoua, a subi 23 heures et 45 minutes d’interruptions sur cinq jours. Dans ce cas aussi, le secteur demeure très peu habité.
À Baie-Trinité, le secteur des Islet Caribou a connu 22 heures et 45 minutes de panne sur quatre jours. Le secteur, principalement forestier, compte peu de résidences permanentes.
Portneuf-sur-Mer apparaît également parmi les endroits les plus touchés de la Côte-Nord. Le secteur du camping municipal et de la marina a cumulé 20 heures et 45 minutes de panne réparties sur quatre jours.

Des secteurs résidentiels touchés
Certaines zones habitées ont aussi subi des interruptions importantes.
À Sacré-Cœur, deux secteurs ressortent particulièrement. Près de la route 172 Nord, au-delà du secteur de la Ferme 5 Étoiles, des pannes totalisant 16 heures ont été enregistrées sur deux jours. Dans le noyau villageois, près du parc récréatif, les adresses de quelques rues ont été privées de courant pendant plus de 15 heures sur trois jours.
À Baie-Comeau, le secteur Mingan figure parmi les plus affectés de la région. Les données compilées montrent 16 heures et 45 minutes de panne sur six jours dans un quadrilatère comprenant notamment le boulevard René-Bélanger, une portion du boulevard Joliet ainsi que les rues Maurice-Parent, Henri et Pouliot, entre autres.
Du côté de Sept-Îles, les environs du parc Régnault et du parc des Générations ont enregistré 14 heures et 30 minutes d’interruptions sur trois jours, principalement en mai. Une portion du boulevard Laure, entre les rues Doucet et Smith, a aussi été touchée à plusieurs reprises en février et en avril.
À Natashquan, un secteur boisé près de la pourvoirie Hipou a connu plus de 17 heures de panne lors de la journée du 11 mai, sans toutefois toucher de résidences.
Une région relativement épargnée
Malgré ces épisodes, la Côte-Nord s’en tire relativement bien à l’échelle québécoise. Selon les données analysées par le Journal de Montréal à partir du projet de recherche, les plus importantes pannes touchent surtout certaines zones urbaines densément peuplées.
L’exemple le plus marquant demeure celui de Côte-Saint-Luc, dans la région montréalaise, où des milliers de résidents ont été privés d’électricité pendant jusqu’à 62 heures consécutives à la suite d’un bris de transformateur durant le vortex polaire de janvier.
À l’échelle du Québec, plus de 800 000 adresses montréalaises ont subi au moins une panne depuis le début de l’année, contre 168 000 à Québec et 117 000 à Gatineau. Le record provincial revient toutefois au Camp de La Sarcelle, dans le secteur de la Baie-James, avec 194 heures cumulées de panne.
En moyenne, chaque adresse québécoise a été privée d’électricité pendant 266 minutes depuis le début de 2026. Environ 1,7 million d’adresses n’ont toutefois subi aucune panne durant cette période.
Le projet « Où sont les pannes ? » est dirigé par Evelyne Brie, professeure adjointe en science politique affiliée à IVADO à Université de Montréal. L’initiative vise à améliorer l’accessibilité et la transparence des données entourant les interruptions de service électrique au Québec.
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