Côte-Nord ÉconomiQ

McDonald’s : des boulettes et des logements

Avatar photo
Par Manuel Paradis 10:03 AM - 21 mai 2026
Temps de lecture :

Jean-Simon Ross, propriétaire du restaurant McDonald’s de Sept-Îles et de celui de Port-Cartier depuis novembre 2020. Photo Manuel Paradis

McDonald’s embauche au Canada plus de travailleurs qu’il y a de citoyens sur la Côte-Nord. Ce chef de file de l’emploi de service en a vu de toutes les couleurs depuis le début de son existence et il continue de s’adapter dans le contexte actuel où la pénurie de main-d’œuvre menace la survie de plusieurs entreprises. 

Propriétaire du restaurant de Sept-Îles et de celui de Port-Cartier depuis novembre 2020, Jean-Simon Ross travaille pour la chaîne depuis qu’il a 15 ans. Fils d’un franchisé qui opérait des restaurants dans la région de Québec, il a occupé tous les postes avant de devenir propriétaire et de s’installer dans la région.

« À l’époque, McDonald’s état la première porte d’entrée sur le marché du travail pour les jeunes. Les autres entreprises embauchaient des employés qui avaient déjà travaillé. Donc, les jeunes venaient chercher une première expérience de travail avec nous, et ensuite, ils décidaient de rester ou d’aller ailleurs », se rappelle M. Ross. 

« Maintenant, toutes les entreprises ou presque cherchent des employés, donc les jeunes ont plus de choix. […] Je vois ça comme une opportunité pour les employeurs de changer leurs façons de faire. C’est aux entreprises de s’adapter aux nouvelles réalités, pas aux jeunes. »

Il confirme que son entreprise met en place plusieurs mesures, afin de favoriser le bien-être des employées. En plus des activités sociales et culturelles permettant d’assurer une bonne ambiance dans l’équipe et de développer le sentiment d’appartenance à l’organisation, il vante la flexibilité des horaires pour ces employés.

« Quand je dis flexible, c’est vraiment flexible. Les demandes de congés, dans les trois dernières années, on n’en a refusé aucune. On fait tout pour s’assurer de la flexibilité des horaires. On essaie de s’adapter avec les nouvelles façons de penser, avec les préférences des nouvelles générations. »

Des méthodes de recrutement qui évoluent

Les établissements de restauration rapide de la région de Sept-Îles sont parmi les premiers au Québec à avoir eu recours à la main-d’œuvre étrangère. Les mécanismes pour recruter des travailleurs à l’étranger étaient déjà en place lorsque M. Ross a fait l’acquisition de ces deux restaurants, l’ancien propriétaire faisant déjà à l’époque face à d’importants enjeux de main-d’œuvre.

Bien qu’il mette l’emphase sur le recrutement local, il ne reçoit pas assez de candidatures pour pourvoir tous les postes vacants. 

À une certaine époque, les Mcdonald’s de Sept-Îles et Port-Cartier recrutaient de la main-d’œuvre directement à l’international. Maintenant, Jean-Simon Ross convoite des travailleurs étrangers installés dans de grands centres, comme Québec et Montréal. Ces derniers peinent à se trouver du travail en ville et sont plus qu’heureux de s’établir en région. 

L’intégration au premier plan

Pour l’entreprise, les défis restent toutefois les mêmes.

« 35 % de mes travailleurs proviennent directement de l’international. Si on inclut les gens issus de l’immigration, c’est probablement plus de 60 %. »

L’objectif de M. Ross et de son équipe est donc, une fois l’employé embauché, de faciliter son intégration afin de maximiser le bien-être et la rétention. En plus des efforts en lien avec la francisation, l’entreprise doit s’assurer de loger les nouveaux arrivants.

« Oui, on a une responsabilité que ces employés-là soient logés. Ce n’est pas à moi de payer le logement, mais c’est à moi de m’assurer qu’ils aient un logement convenable à un prix raisonnable. À un certain moment, je devais louer presque 15 appartements pour loger tout mon monde. […] Normalement je fais des Big Mac, mais là, je dois aussi gérer de l’immobilier », raconte celui qui est maintenant aussi propriétaire de maisons locatives qu’il utilise pour ses travailleurs. 

Et les méthodes qu’il emploie pour accueillir ses employés semblent fonctionner. Selon lui, une fois que l’intégration est réussie et qu’ils se sont adaptés aux réalités de la région et du climat, les nouveaux travailleurs restent dans la région.

« Depuis que je suis propriétaire, les gens que j’ai fait venir, il n’y en a pas qui sont partis. Tous les gens que j’ai accueillis sont encore ici. Sept-Îles pour eux, c’est un milieu tranquille, une belle ville. […] Il faut être conscient que ces gens-là font des sacrifices incroyables. La majorité d’entre eux, ils viennent ici pour donner de meilleures opportunités à leurs familles. C’est dur pour nous de réaliser ce qu’ils vivent et ce qu’ils vivaient là-bas. »

Un choc à venir

Les problèmes de main-d’œuvre sont pires au Québec qu’ailleurs au Canada, selon ce qu’il observe. Sans l’apport des travailleurs étrangers, il considère qu’il serait très difficile, voire impossible, d’exploiter son entreprise et d’offrir le même niveau de service qu’actuellement. Et les modifications aux cadres réglementaires entourant l’immigration, tant au niveau fédéral que provincial, occasionneront des défis supplémentaires. 

« Il faut qu’on réalise que si, du jour au lendemain, on perd tous ces gens-là, on n’aura plus de service dans les restaurants, mais aussi dans d’autres domaines. En ce moment, si je suis ouvert 24 heures par jour, c’est à cause des travailleurs étrangers. Sans ces gens-là, probablement que j’ouvre à 8 h et que je ferme à 17 h. »

À lire également

Le Husky de Jean-du-Nord/Manikoutai a couru à Duchesnay

Des travaux majeurs au déverseur à wagons d’IOC à Sept-Îles

L’homme fort de Port-Cartier s’impose au bras de fer

À découvrir

Des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.

Horizon

Liquidateur : bien se préparer à régler une succession.

Présenté par Chambre des notaires du Québec
Horizon

Mandat de protection : arrivez bien préparé chez le notaire.

Présenté par Chambre des notaires du Québec
Horizon

Acheter ou vendre une propriété : arrivez prêt chez le notaire.

Présenté par Chambre des notaires du Québec
Horizon

Testament notarié : se préparer pour mieux décider

Présenté par Chambre des notaires du Québec
Horizon

La Côte-Nord, ce n’est pas une destination. C’est une adoption.

Présenté par Tourisme Côte-Nord
Horizon

Gallix vs. Luskentyre :  Le vent dans les cheveux, l’eau dans les orteils et la paix dans l’âme

Présenté par Tourisme Côte-Nord