Un coureur de chez nous s’est dépassé et pas rien qu’un peu. 160 kilomètres en 16 heures, c’est l’exploit de Simon Maltais de Sacré-Cœur qui a fait sa marque lors de la course Big Wolf’s backyard.
Simon Maltais a vécu tout qu’une journée le 9 mai, lorsqu’il est parti avec plusieurs centaines de coureurs sur les Sentiers La Balade de Lévis pour plusieurs heures de course.
Relativement nouveau sur la scène de la course, le concept du backyard entraîne les coureurs sur des distances d’ultramarathon, mais en continu.
Les coureurs doivent enfiler une boucle de 6,706 kilomètres par heure, jusqu’à ce qu’un seul dossard flotte dans le vent de bas en haut.
De ce même fait, le numéro 1250 a commencé sur les chapeaux de roues en parcourant ces distances en relativement peu de temps.
« J’ai fait mes 80 premiers kilomètres en dedans d’environ sept heures et, après, ça a ralenti un peu. Au début, je faisais mes boucles en 35 minutes, vers la fin, c’était plutôt 45 minutes », détaille-t-il.
L’objectif symbolique des coureurs est de franchir les 100 miles (160,9 km), qui correspond exactement à 24 boucles de 6,706 km, soit 24 heures de course.
À titre comparatif, Simon Maltais a réalisé cet objectif en 16 heures et des poussières et c’était son objectif de venir à bout de ces 160 kilomètres.
« J’ai fait partie du top 23 des coureurs qui ont réussi le 100 miles. Les gens allaient là pour réaliser leur objectif et battre leur record et c’est de l’endurance poussée à l’extrême », raconte le coureur.
Endurance du tonnerre
Simon Maltais en convient, « il s’est donné » et pas à peu près.
Comme les autres coureurs, il a dû gérer sa gestion de l’effort, son alimentation, son mental et aussi son sommeil.
Entre les boucles, il trouvait le temps de se reposer et de dormir par tranches de cinq ou dix minutes.
« La nuit a été plus dure. Comme je n’avais pas d’équipe, personne n’était là pour m’aider », dit-il en évoquant comme exemple le pit-stop de la formule 1.
« Tout le monde autour m’a dit que j’avais été bon de traverser la nuit tout seul. Beaucoup de gens qui avaient des équipes ont abandonné la course bien avant moi », complète le coureur.
Son moral d’acier lui a permis d’enchaîner les kilomètres malgré les difficultés.
« Durant la nuit, j’ai pris conscience de ça. J’étais couché sur ma chaise, j’étais bien, mais je repartais quand même courir », souligne-t-il avec entrain.
Le coureur a quand même décidé de mettre un terme à sa course même s’il aurait pu courir davantage.
« Je ne voulais pas trop me briser pour être capable de retourner travailler. En plus, j’avais ma famille avec moi donc j’ai décidé d’arrêter », affirme M. Maltais.
Six mois de préparation
Ayant déjà participé à quelques courses par le passé, Simon Maltais a décidé de prendre le taureau par les cornes et de bien se préparer pour le Big Wolf’s backyard.
Il s’est consacré pendant six mois à un programme de course d’environ 80 kilomètres par semaines, mêlant intervalles, distances et tracés.
Il a même eu le support et l’aide du coureur de Ironman de Sacré-Cœur, Fabrice Paquet, qui lui aussi est un habitué des épreuves exigeantes.
« Il m’a offert de me coacher et de m’aider là-dedans. Ça m’a donné un coup de main de pouvoir parler à quelqu’un et d’avoir des idées de stratégies », révèle-t-il.
« Il m’a trouvé fou de faire ça, mais il m’a encouragé là-dedans », admet ce dernier à la blague.
La suite
La course est arrivée comme un coup de vent dans la vie de Simon Maltais, qui a commencé à courir sérieusement il y a environ deux ans.
Claude Deschênes, l’aîné de la Ferme 5 Étoiles où il travaille, lui fait part de son impression qu’il serait un bon coureur pour les grandes distances.
« Un peu après, je suis allé faire ma première course en ultramarathon de 50 kilomètres. Ensuite, ça a déboulé et j’ai toujours augmenté dans les entraînements et dans mes distances », se rappelle le coureur.
Et ses efforts l’ont mené au Big Wolf’s backyard, où finalement trois coureurs ont franchi la barre des 200 miles (320 km) et plus.
« L’année prochaine, je vise ces distances-là. J’ai déjà hâte et c’était une des plus belles journées de ma vie », dévoile Simon Maltais.
Il dit également vouloir se monter une équipe pour son prochain backyard en 2027.
Objectif immédiat ? Se reposer.
« Je n’ai plus de programme de course ni de courses de prévus jusqu’à plus tard cet été », fait-il savoir avec soulagement, qui risque de ne pas durer très longtemps.
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