La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) souhaite une grande réflexion sur l’avenir du réseau de l’éducation avec comme trame de fond la violence qui atteindrait des sommets dans les milieux scolaires de la Côte-Nord et du reste de la province.
ll faut faire une réflexion collective, a affirmé Éric Gingras, président de la CSQ, de passage à Sept-Îles jeudi, dans le cadre d’une tournée des régions. Il visitera les professionnels du Cégep de Sept-Îles. La veille, il avait notamment rencontré les membres de l’école Leventoux de Baie-Comeau.
« Le Québec est mûr pour une grande réflexion en éducation, dans le but d’établir un plan pour les quelque quinze prochaines années. Notre réseau a grandement besoin de vision et de leadership. »
Sur le territoire, le syndicat de l’enseignement du Fer a récemment sondé ses membres à propos de la violence. Les résultats seraient alarmants et à l’image du reste de la province, a souligné M. Girard.
« C’est toujours la même chose. Plus les enfants sont jeunes, plus la violence, elle est physique, et plus ils vieillissent, on est beaucoup dans l’incivilité, les menaces, etc. Quand on est en maternelle, première année, il y a beaucoup d’enjeux de chaises qui sont envoyées aux éducatrices, etc. », a rapporté le président de la CSQ, à propos de la forme que prenait cette violence dans les établissements.
Au cours des trois dernières années, le constat est que la situation a pris de l’ampleur, sans qu’on ait vraiment d’explication claire à donner. Les effets post-pandémie sont tout de même ciblés.
Un sondage Léger commandé par la CSQ et mené au sein de la population générale révélait récemment que 85 % des répondants estimaient qu’il y a plus de violence et d’incivilité au Québec aujourd’hui et que 75 % rapportaient que cela risquait de s’envenimer dans les cinq prochaines années.
Pacte social
Ça prend l’intervention de toute la société (employeurs, parents, communauté), estime la CSQ, pour enrayer le problème de violence. Éric Girard interpelle aussi l’Union des municipalités du Québec (UMQ), et donc au passage le maire de Sept-Îles, Benoit Méthot.
« Il a un rôle à jouer pour interpeller la santé publique. La santé publique régionale, la santé publique nationale ont un rôle à jouer de prévention, d’intervention », a-t-il dit. « On est rendu là (…) Parce qu’à un moment donné, ça sort de l’école », a-t-il fait valoir, mentionnant notamment l’enjeu des réseaux sociaux.
Changement de ton souhaité
Dans le contexte de l’arrivée de Christine Fréchette à la tête du gouvernement du Québec, la Centrale des syndicats du Québec appelle à « un changement de ton et au retour du dialogue, dans l’intérêt commun ».
Éric Gingras a évoqué ce qu’il juge la « stratégie d’affrontement et de division électoraliste du gouvernement Legault », sous-entendant que cela faisait entre autres partie des raisons de son départ.
« On est pris avec de nouvelles lois qui viennent complètement changer le paysage, tant en matière de relations de travail, de négociations collectives, de santé et sécurité du travail et de représentation syndicale. Ce sont aussi les contre-pouvoirs qui ont été visés. »
Il espère que la nouvelle première ministre favorisera une vision rassembleuse, de même que les autres partis à l’aube des prochaines élections générales.
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