À mi-chemin entre aventure, culture et transmission, une nouvelle téléréalité jeunesse prendra racine cet été sur la Côte-Nord. Au cœur du projet Feu sacré, l’Innu Jean-Luc Kanapé accueillera les participants sur son territoire et y jouera un rôle clé, à la fois guide, repère et passeur.
Le tournage de Feu sacré, une production destinée aux jeunes de 14 à 17 ans, s’amorcera le 3 juillet à environ 1 h 30 au nord de Pessamit où le site sera accessible uniquement par des chemins forestiers.
Pendant une dizaine de jours, des adolescents autochtones et allochtones du Québec et de l’Ontario seront réunis pour relever une série d’épreuves inspirées des codes de la téléréalité d’aventure, sans toutefois comporter d’élimination.
« C’est une première. Je n’ai jamais vu ça, un mélange comme ça entre les cultures dans ce type de format », souligne Jean-Luc Kanapé, visiblement enthousiaste à l’idée de participer au projet.
Un rôle de « maître de camp »
Bien qu’il ne soit pas à l’animation, l’homme originaire de Pessamit occupera une place centrale dans le déroulement de l’émission. À titre de « maître de camp », il accompagnera les jeunes tout au long de leur parcours, en plus d’animer les moments de réflexion autour du feu.
« Moi, je suis comme le sage, le grand-papa de tout le monde. C’est moi qui parle aux jeunes, qui donne les récompenses après les épreuves », explique-t-il. « Ils vont pouvoir se tourner vers moi. »
Ce rôle, à la fois symbolique et concret, s’inscrit dans une volonté de créer des ponts entre les cultures, au-delà de la compétition. Les équipes, formées de jeunes autochtones et allochtones, seront d’ailleurs mixtes, dans une approche axée sur la collaboration.
Un tournage en territoire nord-côtier
C’est sur son propre territoire que Jean-Luc Kanapé accueillera l’équipe de production. Le site, déjà partiellement aménagé, sera adapté pour répondre aux besoins du tournage.
« Ça va être chez moi. J’ai déjà des infrastructures, comme un dortoir de 25 lits, mais on va développer davantage avec l’équipe », indique-t-il.
Le décor naturel sera au cœur de l’expérience, avec des épreuves se déroulant autant sur l’eau que sur terre, combinant défis physiques et mentaux. « Ce n’est pas juste des activités traditionnelles. Il y a des énigmes, des jeux, un peu comme dans Survivor », précise-t-il.
La production souhaite également s’ancrer dans le milieu en faisant appel à des ressources locales en embauchant des travailleurs de Pessamit.
La collaboration entre l’homme et l’équipe de production remonte à environ deux ans. Elle s’est concrétisée à la suite d’un premier contact établi dans le cadre d’un autre projet télévisuel. « Ils cherchaient quelqu’un pour les accompagner, et ça a vite cliqué. Là, on est prêt », résume-t-il.
D’autres projets en parallèle
Parallèlement à Feu sacré, Jean-Luc Kanapé multiplie les projets. Il participe notamment à une émission culinaire en langue innue pour APTN et travaille au développement d’un documentaire. « J’aime ça. Je carbure à ça », lance-t-il.
Le projet Feu sacré devrait être tourné en français et en anglais, avec une diffusion ultérieure. Les participants seront sélectionnés dans les prochains mois, sans confirmation pour l’instant de la présence de jeunes de la Côte-Nord.
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