Face à une instabilité jugée alarmante en matière d’immigration, 36 organisations issues de 10 régions du Québec, dont la Côte-Nord, unissent leur voix pour réclamer une action gouvernementale rapide, cohérente et ancrée dans les réalités régionales.
Des acteurs économiques et municipaux tirent la sonnette d’alarme devant ce qu’ils qualifient de « situation critique » en matière d’immigration. Réunies au sein du Comité de l’immigration économique en région, 36 organisations réclament une intervention urgente et concertée des gouvernements pour freiner les impacts déjà visibles sur les économies locales.
Dans un appel lancé le 30 avril, ces organisations dénoncent les « multiples réformes et revirements dans les politiques et programmes en immigration » qui « mettent en péril la stabilité économique de plusieurs territoires nordiques, côtiers, insulaires, manufacturiers, miniers, forestiers et agricoles ».
Les signataires interpellent directement la première ministre du Québec, Christine Fréchette, ainsi que le premier ministre canadien, Mark Carney, en les exhortant à resserrer leur collaboration. « Les gouvernements du Québec et du Canada doivent cesser les approches contradictoires et adopter une stratégie commune en immigration économique », affirment-ils.
Au cœur des préoccupations : l’absence de prévisibilité et de stabilité, qui complique la planification des entreprises et freine les investissements. « Les régions ont besoin de programmes d’immigration efficaces, flexibles et durables pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre et soutenir leur développement économique », soutient le regroupement.
Les conséquences de cette instabilité se font déjà sentir sur le terrain, selon le comité. « Des entreprises ralentissent leurs activités faute de main-d’œuvre, des régions perdent des investissements majeurs, des services essentiels sont réduits, des communautés perdent de leurs membres », énumèrent les organisations.
Dans ce contexte, les signataires invitent également les gouvernements à mieux intégrer les réalités régionales dans leurs décisions. Ils demandent que « les acteurs économiques et municipaux [soient] consultés pour développer des solutions adaptées aux réalités régionales ».
S’ils reconnaissent certains efforts récents de la part des autorités, les membres du comité les jugent insuffisants. « Nous saluons les efforts récents de vos gouvernements pour atténuer cette crise, mais ceux-ci demeurent insuffisants pour instaurer la stabilité dont nos entreprises ont besoin pour planifier, investir et croître », écrivent-ils.
Les organisations concluent en se disant prêtes à rencontrer rapidement les décideurs politiques afin de leur transmettre « les informations et données qui permettront une action rapide et déterminante pour nos économies locales et régionales ».
Né à l’automne 2025 dans la foulée des consultations sur la planification pluriannuelle de l’immigration, le Comité de l’immigration économique en région regroupe aujourd’hui un large éventail d’organisations, allant des municipalités aux chambres de commerce, en passant par des organismes de développement économique.
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