Le 1er mai 2026, l’entreprise septilienne La Maison du Bouquineur célébrera ses 40 ans d’ouverture. La propriétaire, Linda Briand a toujours adoré l’univers des livres et des lettres. Son rêve était d’être bibliothécaire.
« Quand j’étais jeune, je me souviens des bibliothèques municipales. Quand je trouvais des livres, de mes auteurs favoris, je les cachais, parce que j’avais le droit juste à trois. J’allais les cacher dans le coin des adultes pour pouvoir les reprendre plus tard », se remémore la propriétaire de la librairie située dans les Galeries Montagnaises.
Elle a entamé des études en administration, puisqu’on lui avait dit que c’est ce qui se rapprochait le plus du métier de bibliothécaire.
« Parce que, dans le fond, bibliothécaire, c’est beaucoup de gestion. C’est plus des chiffres que des lettres », dit Linda Briand.
Elle a commencé ses études et après deux ans et demi, elle a décidé de se lancer dans l’entrepreneuriat en ouvrant sa propre librairie. Ce sera d’ailleurs, selon elle, son plus grand défi en 40 ans, que de préparer l’ouverture de son commerce. Elle s’est lancée dans un plan d’affaires et dans les démarches de financement auprès de la banque, pour mettre sur pied son entreprise de rêve.
« Premièrement, il fallait que je fasse un stock de départ. J’ai dessiné les meubles. J’ai pris des photos dans d’autres librairies. Après, ça a été parti », explique Mme Briand.
Lorsque Linda Briand parle de son commerce et des livres qui se retrouvent sur les tablettes de celui-ci, on voit son regard s’illuminer.
« C’est un monde de nouveautés. C’est un monde aussi de réflexions. Juste un titre de livre, ça peut faire réfléchir. On est tout le temps dans l’actualité, dans la réflexion », dit Linda Briand.
Chaque semaine, elle reçoit des boîtes de livres qui seront ajoutés aux étagères de sa librairie. Pour elle, c’est toujours un moment grisant.
« Quand les boîtes sont arrivées. J’ai hâte d’aller voir ce qu’il y a dedans. Parce que ce sont des nouveautés. Ce sont un peu des boîtes à surprise », dit-elle.
Des nouveautés à la tonne
Même si découvrir les nouveautés chaque semaine est un plaisir pour la libraire, elle déplore qu’aujourd’hui il y a beaucoup trop de publications. Selon elle, c’est plus d’une centaine de nouveautés par semaine qui sont publiées.
« Il y a beaucoup plus de maisons d’édition. Franchement, ouvrir une maison d’édition, ça ne prend rien. N’importe qui peut s’improviser », dit Mme Briand. « Un éditeur, le rôle, c’est vraiment de sélectionner les manuscrits, les meilleurs manuscrits, d’amener des corrections, de conseiller les auteurs et d’en refuser », poursuit la libraire.
Cette abondance de nouveautés dilue, selon elle, la qualité des publications qui se retrouve sur le marché. La durée de vie aussi des œuvres est grandement raccourcie, comparativement à ce qu’elle observait à ses débuts en tant que libraire.
Les habitudes de la clientèle ont aussi évolué
En quarante ans, Mme Briand a pu observer des changements quant à la façon dont les clients fréquentent les librairies. Avant, les lecteurs entraient dans la librairie et prenaient le temps de flâner, de regarder les sélections de livres, de lire la quatrième de couverture pour finalement faire un choix d’une œuvre à rapporter à la maison.
« Aujourd’hui, on arrive, on plante un téléphone dans le visage, et c’est ça qu’ils veulent. Ce sont les réseaux sociaux qui disent aux gens quoi lire », dit Linda Briand.
Linda Briand, elle, continue de choisir ses lectures en se laissant inspirer par les étalages de livres.
« Moi, quand je vais en vacances, je vais m’acheter un livre. J’aime ça aller visiter d’autres librairies. (…) Je peux lire pendant une heure avant de me choisir un livre », dit-elle.
Rester compétitif et s’adapter
Avec l’abondance de moyens d’acheter des livres, entre autres, sur internet chez de grandes multinationales, comment rester compétitif et fidéliser la clientèle qui peut avoir accès du bout des doigts à une panoplie de publications ? La propriétaire de la librairie La Maison du Bouquineur s’adapte à sa clientèle et à ses goûts.
« Je développe des sections. J’ai développé en particulier une section de manga. J’ai beaucoup de jeunes qui viennent à la librairie et j’en vends énormément », explique-t-elle.
Sa librairie contient des sections bien garnies d’essais autant européen que québécois. Elle remarque aussi un bel engouement pour la new romance, chez les jeunes filles.
« J’essaie de nourrir mes sections où il y a de l’intérêt », précise Linda Briand.
La suite après 40 ans
Bien que la pandémie fût un moment difficile pour plusieurs commerçants, pour Linda Briand, ça en fut un de réflexion.
« Avant la pandémie, par exemple, je faisais tous les Salons du livre. Puis, après la pandémie, j’ai décidé de ne plus les faire », dit-elle.
Ça lui a permis de prendre un moment pour réfléchir à ce qu’elle voulait pour elle et son commerce.
« Si je voulais continuer de travailler et d’avoir du plaisir à faire ce que je fais, il y a des choses qu’il fallait que j’enlève parce que, c’était trop », conclut Mme Briand.
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