Pour ne pas vivre dans la pauvreté à Sept-Îles, une personne seule doit pouvoir compter sur un revenu disponible de 44 780 $, selon une étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS).
Depuis 2015, l’organisation publie annuellement des chiffres concernant le revenu viable pour sept villes du Québec, soit Montréal, Québec, Gatineau, Sherbrooke, Saguenay, Trois-Rivières et Sept-Îles. Le revenu viable est l’équivalent du revenu après impôt nécessaire pour un panier de biens et de services, qui permet une vie hors de la pauvreté.
Pour ce qui est d’une personne seule, c’est encore à Sept-Îles que le revenu viable nécessaire est le plus élevé. Ce sont les dépenses liées au transport qui expliquent que le coût de la vie soit plus haut à Sept-Îles. Tandis que dans les six autres villes, il est possible d’utiliser le transport commun, l’étude considère qu’il est nécessaire d’avoir un véhicule à Sept-Îles. Cet élément augmente considérablement les dépenses.
Ainsi, les coûts pour le transport à Sept-Îles sont évalués à 11 231 $ annuellement, pour une personne seule. Pour les six autres villes, elles se situent entre 1 589 $ et 2 015 $.
L’étude a aussi constaté une hausse du coût pour se loger.
« Bien que la ville de Sept-Îles demeure l’une des plus abordables pour le logement parmi les villes étudiées, les résultats de 2026 indiquent que les hausses de loyer y sont parmi les plus fortes, à 13 % pour les personnes seules et 15 % pour les familles monoparentales », explique Eve-Lyne Couturier, chercheuse à l’IRIS.
En moyenne, les loyers ont augmenté de 10,9 % dans les sept villes étudiées, alors que la hausse recommandée par le Tribunal administratif du logement était de 5,9 %.
Montréal dépasse Sept-Îles
Pour la première fois depuis le début du calcul du revenu viable, il y a plus d’une décennie, Sept-Îles n’est pas systématiquement la ville la plus dispendieuse. En ce qui concerne les ménages de 2 adultes et 2 enfants, Montréal a dépassé Sept-Îles.
Le revenu viable pour une famille de deux adultes et deux enfants est de 88 812 $ à Montréal, tandis qu’à Sept-Îles, il est de 88 266 $.
Le revenu disponible annuel nécessaire pour une famille monoparentale avec un enfant pour vivre hors de la pauvreté est de 58 385 $, à Sept-Îles.
L’étude conclut que le salaire minimum (16,60 $) est insuffisant pour une personne qui travaille à temps plein.
« Le salaire minimum n’a jamais permis à une personne seule de sortir de la pauvreté en travaillant à temps plein. Dans une société qui met l’accent sur le travail et sur l’ascension sociale, il est inquiétant de voir que l’écart se creuse. Ça souligne que la crise d’abordabilité n’est ni nouvelle ni sur le point de se résorber », affirme l’autrice de l’étude, Eve-Lyne Couturier.
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