C’est bien connu, un véhicule va généralement passer plus de 90 % de sa vie utile dans le stationnement. Et pourtant, la part de notre budget qu’on y consacre est plus que significative. Pensez-y : durant une journée normale, combien de minutes utilisez-vous votre voiture ou votre camion ? La grande majorité répondra probablement moins de deux heures. Et deux heures sur 24 heures, c’est approximativement 10 %. Or, quand vient le temps d’acheter un véhicule, le confort, la sécurité, et souvent les utilisations occasionnelles, finissent en général par guider nos choix, bien plus que nos réels besoins.
Selon le Strategic Vision New Vehicle Experience Study de 2023, 25 % des propriétaires de pickups utilisent leur véhicule pour le remorquage ou pour tirer des charges fréquemment, 35 % n’utilisent la boîte qu’une fois par année ou moins et près de 30 % roulent hors route plus d’une fois par année.
Or, ce qui est bien réel, c’est qu’un camion pleine grandeur coûte de 10 000 $ à 20 000 $ de plus en moyenne qu’une voiture standard au Canada.
Pourquoi je vous parle de ça ? Parce que le paiement de voiture est généralement la deuxième source de dépense après le logement. Et ces deux dépenses (l’hypothèque et le paiement de char ) déterminent plus que quoi que ce soit d’autre la capacité d’épargne d’un individu ou d’un ménage. C’est donc essentiel de prendre de bonnes décisions, lorsque vient le temps de choisir un véhicule, sans se laisser jouer des tours par nos biais cognitifs.
Le biais de disponibilité
Et c’est là qu’entre en scène le biais de disponibilité : il s’agit d’un raccourci mental qui consiste à juger de la fréquence ou de la probabilité d’un événement en fonction de la facilité avec laquelle des exemples de celui-ci nous viennent à l’esprit.
L’exemple classique de biais de disponibilité est notre peur irrationnelle de l’avion. Malgré ce qu’on peut croire, l’avion est le moyen de transport le plus sécuritaire, et de loin. Pourtant, la grande majorité d’entre nous vivront un jour ou l’autre une certaine anxiété lors du décollage.
Pourquoi ?
Non pas parce que les accidents d’avion sont fréquents, loin de là, mais plutôt parce que les accidents d’avion sont spectaculaires. Nous avons tous une grande facilité à nous remémorer un grave accident aérien. Toutefois, on ne pense presque jamais au millier d’avions par jour qui décollent, volent et atterrissent sans problème.
C’est quoi le lien avec les pickups ? C’est exactement le même phénomène. C’est très facile de penser aux moments où on aurait eu besoin d’un camion, et c’est encore plus facile d’oublier la très grande majorité des situations où l’on n’avait pas besoin d’un camion. En réalité, à part certaines exceptions, le Québécois moyen n’a pas besoin d’un camion pleine grandeur, et c’est vrai aussi pour le Nord-Côtier en général.
Évaluer ses besoins
Loin de moi l’idée de gâcher le fun de ceux qui veulent posséder un pick-up : c’est absolument légitime de vouloir quelque chose. Et effectivement, les conditions de nos routes, surtout en région, peuvent inciter plusieurs à vouloir un véhicule plus sécuritaire.
Mon point est que, lorsqu’on évalue ces besoins, il faut être conscient des raccourcis mentaux qui, parfois, nous donnent l’impression que quelque chose est nécessaire quand, rationnellement, ce n’est pas toujours le cas.
Revenons à ma prémisse : un véhicule va être presque toujours dans le parking . C’est donc une bonne idée de tenter de déterminer correctement ce qui est nécessaire de ce qui ne l’est pas, lorsqu’on le choisit.
Parce qu’au final, le but premier, c’est d’aller du point A au point B : le reste, c’est du bonus.
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