L’artiste originaire de Sept-Îles Laurence Petitpas est actuellement en exploration artistique dans la région. Grande amatrice de crabe des neiges depuis l’enfance, elle a eu envie de se laisser inspirer par ce petit crustacé que l’on retrouve dans le fleuve Saint-Laurent.
Laurence Petitpas est née à Sept-Îles. Elle a quitté la région en 2000 pour ses études en théâtre de marionnettes contemporain à l’UQAM. Aujourd’hui établie à Québec, elle se définit comme une artiste multidisciplinaire. En préparation d’une exposition avec le centre d’artiste Panache Art actuel, qui sera présentée en juin 2027 à Sept-Îles, Laurence Petitpas est venue sur la Côte-Nord pour explorer le crabe des neiges sous toutes ses facettes.
Les créatures marines ont toujours grandement inspiré Mme Petitpas, et ce depuis son enfance. En 2024, elle a fait une résidence d’artiste au Tokyo arts and space residency center, durant trois mois. Le but était de suivre les traces du crabe des neiges et des autres crustacés qui voyagent de Sept-Îles à Tokyo, chaque année.
« [Quand j’étais enfant] j’ai vu des déchargements de crabes s’en aller dans des camions directs pour le Japon. On dirait que c’est rentré dans mon imaginaire de petite fille (…) J’ai pris ce point départ là pour écrire un projet pour appliquer pour la résidence au Japon », dit Laurence Petitpas. « Ça s’appelait Manger du crabe des neiges de Sept-Îles à Tokyo. Encore là, j’y allais sans trop savoir exactement ce que je cherchais, mais j’allais chercher le crabe des neiges québécois à Tokyo. Voir comment on le mange là-bas, comment il arrive là-bas », explique l’artiste.

Là-bas, elle a créé une série de marionnettes murales, qui se retrouveront assurément dans son exposition prévue en juin 2027. Le titre de travail de l’exposition est Crabe fantôme, pour faire écho aux 10 milliards de crabes des neiges qui sont morts dans la mer de Béring, entre 2019 et 2021, conséquence du réchauffement climatique.
« En revenant du Japon, je cherchais comment garder vivante toute l’expérience que je venais de vivre. C’était comme une bulle qui n’était pas connectée à mes projets ici », dit Laurence Petitpas.
L’artiste a donc appliqué sur un appel à projets de Panache Art actuel, afin de poursuivre son exploration artistique dans sa région d’origine.
La visite de Laurence Petitpas coïncide avec la saison de pêche du crabe des neiges. La semaine dernière, elle est embarquée à bord du crabier du capitaine Darry Noël, à Rivière-aux-Tonnerre.
« C’était pour aller chercher de l’information, vivre l’expérience. Je voulais documenter visuellement aussi, parce que je pense que je vais aussi intégrer de la vidéo », dit Mme Petitpas. « J’espère, avec ce projet-là, créer un peu un pont entre les pêcheurs, l’univers de la pêche aux crabes, puis le public en général », ajoute-t-elle.

Stimuler les étudiants à créer
Dans le cadre de son projet d’exploration du crabe des neiges sur la Côte-Nord, Laurence Petitpas est allée à la rencontre d’étudiants en Arts et lettres du Cégep de Baie-Comeau.
« On cherchait [avec l’équipe de Panache Art actuel] une activité de médiation [culturelle] au-delà de présenter le projet, mais de faire une activité autour du crabe. Je trouvais que cette technique d’impression de carcasses, c’est comme quelque chose qui a tout de suite un résultat qui est le fun à faire », explique Laurence Petitpas.
La technique à laquelle elle fait référence est le Gyotaku.
«Traditionnellement, les pêcheurs, c’est comme ça qu’ils photographiaient leurs poissons ; avec de l’encre de Chine et du papier washi, un papier traditionnel japonais, juste en encrant les poissons et en imprimant le papier dessus », dit Mme Petitpas.
L’expérience a permis aux étudiants d’expérimenter une technique artistique en plus de découvrir le quotidien d’une artiste professionnelle.
« Je trouve que quand on est à l’école, on n’a pas tant de modèles. On apprend des techniques et tout, mais concrètement, qu’est-ce que c’est d’être artiste ? Comment ça peut s’organiser dans une structure de vie ? », dit Laurence Petitpas.
D’ici le vernissage de sa future exposition prévue en juin l’année prochaine, l’artiste compte poursuivre son exploration entourant le crabe des neiges et envisage de revenir s’inspirer encore de la biodiversité nord-côtière.
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