Il était presque 20 h le 15 avril quand Isabelle Emond a quitté la patinoire de l’aréna Conrad-Parent. C’était la fin des tests de patinage artistique pour des patineuses de Sept-Îles et de Port-Cartier, mais surtout, ce qui pourrait bien être la dernière activité tenue sur l’aréna construite en 1962.
C’était la dernière activité sur la glace de l’aréna Conrad-Parent, si tout se passe bien pour celui en chantier.
L’entraîneure du CPA Sept-Îles n’avait pas réalisé qu’elle était la toute dernière à fermer la porte.
Sa fille Laura venait de réussir son test de danse de niveau Or, la dernière étape. La première pour le club à atteindre ce niveau depuis la pandémie.
La patineuse de 18 ans, qui terminait son passage au sein du club, et quittera pour les études en août, aurait bien aimé pouvoir mettre les pieds dans le nouvel aréna, avant la fin de son parcours.
« J’espère pouvoir y patiner à mon retour aux Fêtes », a-t-elle dit.
Laura assure qu’elle ne s’ennuiera pas du système de son de l’aréna Conrad-Parent « qui fonctionnait à moitié ».
Ça lui fera bizarre de ne plus patiner dans cet aréna, puisque la majeure partie de ses pratiques était dans cet édifice.
Elle aura foulé cette glace un peu plus de 15 ans, comme patineuse de 3 à 5 ans, gardienne de but jusqu’à 11 ans par la suite, suivi d’un retour au patinage artistique.
Pour Isabelle Emond, 48 ans, c’est plus de 40 ans de souvenirs dans cet aréna, qu’elle a connu comme le Palais des Sports et qu’elle a même appelé par ce nom plusieurs fois après que ce soit associé à Conrad-Parent.
La première image qui lui vient en tête, c’est celle d’avoir tenu une pancarte de Labrador City, étant toute jeune, lors du Tournoi Fer-O de 1987, avec les équipes de hockey derrière les patineuses.
Elle se souvient aussi d’un tremblement de terre dans les années 80 et que ça « shakait » dans le restaurant de l’aréna. « C’est peut-être à partir de là que ç’a commencé à craquer de partout ! », lance-t-elle en riant.
Cette fin, c’est aussi une pensée pour les différents entraîneurs du Club de patinage artistique qui ont défilé au fil de ses années et dont le nom occupe une place dans la salle des entraîneurs, citant les Daniel Lehoux, Claire Talbot, Mélanie Ferguson, Alain Brochu, Denise Dion, Joan Thériault et Diane Bouchard.
Elle ne tient cependant pas à garder en souvenirs les souris trouvées dans les derniers mois dans le local des entraîneurs ni l’eau qui coulait du plafond quand elle était derrière le banc. Elle ne s’ennuiera pas de ça, même si la fin de l’aréna Conrad-Parent lui fera un « petit pincement au cœur ».
Pour Isabelle Emond, l’aréna Conrad-Parent, c’est une deuxième maison pour elle, son conjoint Yan Leblanc et leurs cinq enfants. Non seulement elle a été patineuse, elle a aussi été entraîneure pour ce sport, mais aussi au hockey.
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