À l’approche des élections provinciales de 2026, une vingtaine de personnes se sont rassemblées à Forestville pour réclamer un changement de discours et des actions concrètes en matière de lutte contre la pauvreté.
Réunis toute la journée du 21 avril au sous-sol de l’église St-Luc, une vingtaine de participants ont pris part à l’activité Parlons de pauvreté, une initiative portée par le Collectif pour un Québec sans pauvreté dans le cadre de sa tournée préélectorale.
Organisée en collaboration avec la Table des groupes populaires de la Côte-Nord, le Regroupement des femmes de la Côte-Nord et l’Association pour la protection des intérêts des consommateurs Haute-Côte-Nord, la journée visait à faire émerger des revendications régionales et à remettre la lutte contre la pauvreté au premier plan du discours politique.
Plus de 20 ans après l’adoption de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale, les organisateurs estiment que les progrès accomplis dans ce domaine sont minimes, dénonçant un manque de mesures structurantes et des reculs ayant fragilisé le filet social.
De passage sur la Côte-Nord, la co-porte-parole du Collectif, Marie-Ève Brunet, explique que cette initiative s’inscrit dans une vaste tournée à travers le Québec.
« On traverse l’ensemble des régions du Québec avec notre campagne sous le thème Le discours doit changer, parlons de pauvreté. Donc on est là pour proposer un discours alternatif au discours ambiant qu’on entend, qui est souvent teinté de demi-vérités, de préjugés ou carrément violent », affirme-t-elle.
Selon elle, il est essentiel d’aller à la rencontre des réalités régionales. « La pauvreté a de nombreux visages et les réalités de la Côte-Nord ne sont pas celles de Montréal ou de l’Abitibi. »

Des enjeux bien ancrés sur la Côte-Nord
Parmi les préoccupations soulevées lors des échanges, certaines réalités propres à la région se sont démarquées, notamment l’accès aux services, le transport et l’utilisation des ressources locales.
« Ce qui ressortait beaucoup ici, c’est l’accès aux ressources de la région, les enjeux de transport, puis l’accès aux services en général », souligne Mme Brunet, tout en rappelant que certains enjeux, comme le logement, transcendent les régions.
La journée s’est articulée autour d’ateliers de discussion en petits groupes, culminant par une action symbolique sur l’heure du dîner devant le bureau du député. Les participants ont alors pris la parole pour partager leurs réalités et leurs revendications.
« On donne une place très importante aux personnes premières concernées, donc aux personnes en situation de pauvreté », insiste la co-porte-parole. « Le point culminant, c’est vraiment cette action politique où les gens se font voir et entendre. »
Malgré les défis du milieu communautaire, notamment le manque de ressources et l’essoufflement, la mobilisation observée à Forestville a marqué les organisateurs.
« C’est une région incroyablement mobilisée, mobilisante, enthousiaste. On a rarement vu une région aussi rapide à vouloir se mobiliser et à se concerter pour continuer », note Mme Brunet.
Cette dynamique devrait se poursuivre dans les prochaines semaines, alors que d’autres actions sont déjà prévues.
Michel Savard, coordonnateur de la Table des groupes populaires de la Côte-Nord, se réjouit de la participation. « Les gens étaient vraiment motivés et mobilisés. Plusieurs enjeux importants ont été abordés. Ça a été une journée très appréciée », raconte-t-il.
Il mentionne notamment le sujet du partage de la richesse. « On dit qu’il faut créer de la richesse pour la partager. Mais elle est mal partagée », commente celui qui croit que le Québec peut faire mieux pour ses citoyens.
Un autre enjeu qui a été soulevé par les participants : les ressources naturelles de la Côte-Nord qui ne profitent pas à la région.
« On a toutes les ressources, que ce soit les pêches, le bois, l’aluminium, l’énergie. On est tanné de se faire voler, que tout ça parte à l’extérieur, que les gens fassent du fly-in fly-out pour venir travailler là-dessus et qu’ils s’en retournent chez eux et que l’argent ne reste pas », explique M. Savard.

Vers un rendez-vous national
Les témoignages et revendications recueillis lors de cette tournée alimenteront les demandes qui seront portées sur la scène nationale en vue des élections de 2026. Le processus culminera lors d’un grand rassemblement prévu les 22 et 23 mai à Québec.
« L’idée, c’est vraiment de faire entendre la force de ce mouvement-là et de ramener la pauvreté dans le discours politique et public », conclut Marie-Ève Brunet.
Pour les participants de Forestville, cette journée aura permis non seulement de partager leurs réalités, mais aussi de réaffirmer une volonté commune : celle de voir des changements concrets se traduire dans les politiques à venir.

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