Garderies : le nouveau portail d’inscription ne fait pas l’unanimité sur la Côte-Nord
Photo Pixabay
L’entrée en fonction du nouveau portail d’inscription aux services de garde ne s’est pas déroulée sans heurts. Sur la Côte-Nord, autant les gestionnaires que les parents vivent plusieurs frustrations envers le nouvel outil proposé par le ministère de la Famille.
Le nouveau portail d’inscription aux services de garde est entré en fonctions depuis le 1er décembre. Ce portail remplace l’ancienne plateforme d’inscription la Place 0-5 et gère une liste d’attente de plus de 250 000 enfants. Bien que le ministère de la Famille affirmait lors de sa mise en activité que le nouveau portail viendrait faciliter la vie des familles, les différents bogues et rigidités de la solution causent davantage de maux de tête.
« Présentement, les gestionnaires, on est plus ou moins satisfaits et ce n’est pas une question de résistance aux changements (…) », dit Karina Vigneault, directrice générale du CPE Ritourn’ailes à Sept-Îles.
Les deux principaux irritants selon Nathan Cousin-Tremblay, directeur du Regroupement des CPE de la Côte-Nord (RCPECN) sont la méthodologie de référencement des enfants qui cherchent une place et les délais imposés pour l’acception, ou le refus d’une place par les parents.
« Le ministère est quand même rigide sur ce qu’il propose. On parle de trois jours d’attente aux parents pour choisir s’ils acceptent la place, ou pas », dit Nathan Cousin-Tremblay.
Mme Vigneault et M. Cousin-Tremblay abondent dans le même sens : il y a une énorme augmentation du temps requis pour combler une place.
« Le délai est très long. Les risques d’erreur aussi sont plus élevés (…) ils ont modifié la façon de rechercher les âges des enfants, ce qui est aussi une lacune, parce que c’est de plus en plus compliqué », dit Karina Vigneault.
Ces délais plus longs viennent avec des places non comblées et une inquiétude financière.
« Il y a des places qui restent vacantes longtemps, des délais inutiles pour les familles, parce que les familles aussi veulent des places rapidement et des pertes financières pour le CPE, si jamais on a de longs délais de places non comblées », explique M. Cousin-Tremblay.
Lors du lancement du portail, les gestionnaires de CPE avaient aussi remarqué que la priorisation de la fratrie et des enfants des employés n’était plus possible. Auparavant, les gestionnaires pouvaient voir les listes. Désormais, ils ne peuvent plus. Le ministère de la Famille offre une bonne écoute et a déjà apporté quelques améliorations au portail concernant la priorisation de la fratrie et des enfants des employés, note le directeur du RCPECN.
« Ce sont des ajustements importants qui sont appréciés sur le terrain. Ça enlève le lot de stress qu’avaient les directeurs », dit-il.
Nuisible
M. Cousin-Tremblay déplore que le système actuel pénalise les familles de l’extérieur qui souhaitent venir s’établir dans la région. « Une famille qui a déjà une place ailleurs au Québec ne sera jamais sélectionnée dans le portail. On veut attirer des familles en région, mais le système actuel devient comme un frein dans ce sens-là », soulève-t-il.
Les regroupements de CPE de l’ensemble de la province se rencontrent régulièrement, afin de collaborer au sujet du Portail. « On a aussi rencontré la ministre et tous les regroupements la semaine dernière, pour parler de certains enjeux et aussi de collaborations qu’on peut avoir entre le regroupement et le ministère. On peut dire qu’il y a une certaine écoute », dit-il.
Appel à projets
Le ministère de la Famille a lancé, le 24 mars, un appel à projets pour développer près de 600 nouvelles places subventionnées dans plusieurs régions du Québec, dont la Côte-Nord.
« Le ministère a sorti un appel de projets qui peut être disponible dans deux MRC de la Côte-Nord, soit en Minganie et Sept-Rivières. À Sept-Rivières, j’ai des membres qui ont déposé (…) On va suivre le dossier de prêt », conclut Nathan Cousin- Tremblay.
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