Transformation de Postes Canada : près de 7 000 adresses touchées à Sept-Îles
Postes Canada à Sept-Îles. Photo Vincent Rioux-Berrouard
Sept-Îles figure parmi les 13 premières villes qui vivront la transition aux boîtes postales communautaires, d’ici la fin de l’année 2026.
Postes Canada a annoncé, jeudi, qu’elle passera de la livraison du courrier à domicile à des boîtes postales communautaires. Cette conversion s’échelonnera sur plusieurs années.
À Sept-Îles, la conversion de 7 000 adresses situées dans les secteurs avec les codes postaux qui commencent par G4R et G4S devrait être complétée, avant la fin de l’année. Rejoint par courriel, Geneviève Joly des Relations publiques de Postes Canada a assuré que « ce changement de mode de livraison devait apporter une stabilité à la livraison de Sept-Îles ».
Il faut rappeler que depuis plusieurs mois, de nombreux secteurs de la ville n’ont plus de facteurs. Les clients de la société d’État doivent donc se rendre directement au comptoir de Postes Canada pour récupérer leur courrier.
Solution « acceptable »
Le maire de Sept-Îles, Benoît Méthot, n’est pas surpris de cette nouvelle.
« Je pense que de façon générale, c’est une solution qui est acceptable, considérant que le volume de courrier est beaucoup moindre qu’avant », dit M. Méthot. « Surtout qu’à Sept-Îles, il y a beaucoup de gens qui ont un très mauvais service, parce qu’il y a eu des ruptures de service quasi permanentes depuis l’automne dernier. Ça force les gens à soit attendre très longtemps, ou à aller au bureau de poste à faire la file », ajoute-t-il.
Selon lui, cette transition va demander une adaptation pour plusieurs, mais dans le contexte actuel, il la voit comme un peu inévitable.
Le directeur général de la Chambre de commerce de Sept-Îles Uashat mak Mani-utenam, Christophe James, dit comprendre la situation financière de Postes Canada, toutefois, il espère que la société d’État prendra en compte les réalités de la région.
« Autant au niveau financier que technologique, on a de plus longues distances, on a des conditions climatiques un peu plus variables, des intensités un peu plus élevées aussi. Alors, il y a une question d’accessibilité qui va revenir, c’est sûr. Autant pour les travailleurs que pour les entreprises qui ont encore le courrier dans leur logistique quotidienne hebdomadaire », dit M. James.
La CCSIUM a l’intention de sonder ses membres, pour bien cerner leurs besoins spécifiques.
La députée de Côte-Nord-Kawawachikamach-Nitassinan, Marilène Gill, se dit inquiète de l’annonce de la réforme des services de Poste Canada.
«Une réforme des services postaux est plus que souhaitable, elle est nécessaire. Seulement, Postes Canada est un service public essentiel. La population a donc son mot à dire dans sa transformation. D’autant plus que les personnes qui subissent les contrecoups de telles réformes sont les personnes à mobilité réduite, les aînés, les personnes en situation de précarité. Aujourd’hui, on parle de boîtes communautaires, ce qui constitue presque un consensus, mais demain annoncera-t-on la fermeture de comptoirs postaux en milieu rural? Qu’arrivera-t-il en Basse-Côte-Nord?», demande la députée.
Suppressions de postes possibles, selon le syndicat
Pour le syndicat des employés de Postes Canada à Sept-Îles, cette transformation amènera possiblement des suppressions de postes. Par contre, comme Postes Canada est déjà en sous-effectifs, il ne devrait pas y avoir de perte d’emploi.
« On manque déjà d’employés, sauf que ça va faire du bien au monde ici, d’être en motorisé puis d’avoir un travail allégé un petit peu, parce que là, le monde marche 20-25 km par jour, c’est difficile », dit Pierre Pelletier, représentant syndical chez Postes Canada. « En vannette, on va peut-être être capable de garder plus de monde, parce que le travail va être moins exigeant. »
Il reconnaît que la situation sera désagréable pour les clients, qui bientôt devront se déplacer jusqu’à une boîte postale communautaire pour récupérer leur courrier.
« On se battait pour ne pas perdre de postes et maintenant, on se bat pour avoir assez de monde pour être capable de desservir la population. On ne peut pas se battre des deux côtés en même temps. À un moment donné, il faut laisser aller certains combats », conclut M. Pelletier.
À découvrir
Des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.