Après les bottes de l’espoir, les bottes de sécurité pour Josée Leblanc
Josée Leblanc d'Atikuss à l'État du fer. Photo Manuel Paradis
Après les bottes de l’espoir, Josée Leblanc se lance dans les bottes de sécurité avec comme objectif de rendre le pays plus autonome dans la production de cet outil de travail nécessaire à la sécurité de milliers de travailleurs.
La femme d’affaires Josée Leblanc, de l’Hôtel-boutique Atikuss, est venue présenter son plus récent projet, des bottes de sécurité fabriquée au Québec, devant des centaines de représentants de l’industrie minière à la conférence l’État du fer à Québec.
« On sait que la Chine est le plus gros fournisseur de bottes de sécurité. Demain matin, si elle arrête l’approvisionnement, six mois après, il n’y a plus un travailleur ou une travailleuse qui a une paire de bottes de sécurité dans les pieds », s’inquiète Mme Leblanc, rencontrée quelques minutes après sa présentation.
Elle considère essentiel de se mettre au service d’une vision nationale et d’une chaîne d’approvisionnement sécurisée, 100 % québécoise et avec l’assemblage et la livraison en circuit court.
« As-tu pensé à toutes les minières, toutes les compagnies de construction ? Tout le monde porte des bottes de sécurité. Donc, on trouve que c’est super important ce qu’on est en train de faire. On a une mission. »
En 2025, Bastien Industries et Atikuss Canada ont mis en place un partenariat, afin de développer la première manufacture autochtone de bottes de sécurité certifiées CSA au Canada. Mashku, le nom de cette nouvelle entreprise, signifie devenir un ours. Le partenaire de Mme Leblanc, Jason Picard-Binet de Bastien Industrie, est de la nation Wendat.
« Le clan de Jason, c’est l’ours. On a décidé de prendre le mot ours en Innu, pour que nos deux identités soient reflétées dans la compagnie », explique la femme d’affaires de Uashat mak Mani-utenam.
À court terme, l’entreprise confirme une production de 30 000 paires de bottes certifiées CSA par années, et vise une augmentation de celle-ci, à moyen terme, jusqu’à 70 000 paires. L’objectif de Mme Leblanc, en présentant la compagnie devant l’industrie minière, est d’inciter un changement dans les pratiques d’affaires. Elle souhaite mettre en place des relations b2b (business to business) et convaincre les grands donneurs d’ordre d’acheter des bottes en grandes quantités pour leurs employés. Selon elle, pour rester compétitive, la production de bottes au Canada nécessite de réinventer les canaux de distribution.
« Quand j’ai fondé Atikuss, j’ai commencé avec la mission de sauver le mocassin. Et c’est ce que j’ai fait. À travers la botte de l’espoir, j’ai contribué à sauvegarder cette technique-là. Puis là, aujourd’hui, je me retrouve dans la même situation. J’ai comme l’impression de recommencer, mais dans la botte de sécurité. Ça me motive, ça me passionne. »
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