Embauché à l’école Gamache pour donner des cours d’art dramatique en 2023, Joseph Bruchez s’est prêté au jeu, mais il souhaitait par-dessus tout donner des cours de musique.
« En constatant ma passion pour la chanson, la direction m’a fait confiance et a valorisé ce que je pouvais apporter aux élèves », explique-t-il.
Josef Bruchez enseigne aujourd’hui la musique d’ensemble à seize groupes répartis dans tous les niveaux primaires. Sa classe du sous-sol rappelle la caverne d’Ali-Baba ; on y trouve des pianos, des tambours africains et même des ukulélés.
« Au début de l’année, les écoliers essaient un à un les instruments, mais bien vite, on voit qu’il y a un match entre l’instrument et celui ou celle qui en joue », précise l’ancien musicien de flamenco déménagé à Sept-Îles en 2021.
Bruchez est né en Suisse, mais sa famille a immigré au Québec alors qu’il n’avait que huit ans. Tout près de l’âge de la majorité, il est retourné dans son pays natal pour entamer une carrière d’auteur-compositeur-interprète. Quelques années plus tard, il a décidé de se consacrer à l’enseignement et il est revenu s’établir au Québec définitivement.
Jouer en groupe
Pour diriger son petit orchestre hétéroclite, Josef Bruchez joue quelques accords à la guitare et il stimule ensuite la création collective.
« Même si les chansons des plus jeunes sont plus rythmiques, nous arrivons à de très bons résultats », confie-t-il.
Pour choisir les œuvres au programme, maestro Bruchez puise majoritairement dans le répertoire francophone.
« C’est pourquoi j’accueille avec beaucoup d’intérêt les compositions de mes élèves », explique-t-il, avec un visage qui s’illumine.

Grands défis
« Au début de l’année, certains élèves turbulents sont incapables de soutenir un cours de musique complet », affirme-t-il. Toutefois, en voyant leurs camarades de classe avoir du plaisir en jouant en groupe, ils sont « poussés dans le bon sens et finissent par rejoindre leurs pairs », poursuit M. Bruchez.
Le comportement de certains élèves n’est pourtant pas le plus grand écueil que doit surmonter l’enseignant.
« Il y a une dévaluation chronique de la musique et des arts dans les écoles du Québec », affirme l’ex-guitariste.
La fin du programme de concentration musique de l’école Jean-du-Nord est symptomatique de ce phénomène. De plus, le milieu scolaire entretient le préjugé tenace selon lequel les enfants d’âge primaire sont incapables de faire de la musique. Pourtant, son expérience prouve le contraire.

« Non seulement l’ensemble des élèves connaît une progression fulgurante au cours de l’année scolaire, mais on finit par dénicher des enfants prodiges », s’exclame-t-il.
Les élèves de tous les niveaux de l’école Gamache produiront un spectacle le 16 juin cette année. Ce sera l’occasion pour les musiciens en herbe de se produire devant leurs parents et les autres écoliers.
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