Le nombre de personnes en situation d’itinérance visible a grimpé de 65 % sur la Côte-Nord depuis 2022, une hausse marquée qui s’inscrit dans une progression généralisée du phénomène à l’échelle du Québec.
La Côte-Nord se démarque dans les plus récents résultats du dénombrement des personnes en situation d’itinérance visible au Québec. Réalisé dans la nuit du 15 avril 2025, l’exercice permet d’estimer à 155 le nombre de personnes en situation d’itinérance visible dans la région, soit un taux de 173,6 pour 100 000 habitants, l’un des plus élevés de la province.
Surtout, la région enregistre une hausse de 65,1 % depuis 2022, ce qui représente 56 personnes de plus en trois ans. Une progression qui place la Côte-Nord parmi les territoires les plus durement touchés par l’augmentation récente de l’itinérance.
« On remarque ainsi que l’itinérance s’étend au-delà des grandes villes », souligne-t-on dans le document gouvernemental L’itinérance visible au Québec et son évolution, publié le 9 avril.
Une pression accentuée en région
Si les grands centres urbains concentrent encore les volumes les plus importants, la réalité nord-côtière se distingue par son intensité relative.
La Côte-Nord figure en effet parmi les régions affichant les taux d’itinérance les plus élevés au Québec, aux côtés de Montréal, de l’Abitibi-Témiscamingue et de l’Outaouais.
Ce positionnement met en lumière des enjeux spécifiques aux régions, notamment en matière d’accès aux ressources d’hébergement et de services spécialisés.
À l’échelle provinciale, les premiers résultats rendus publics le 9 avril 2026 font état de 12 077 personnes en situation d’itinérance visible, soit 1 873 de plus qu’en 2022.
« Les données actuellement disponibles confirment que l’itinérance a augmenté en moyenne de 20 % à l’échelle nationale depuis 2022 », indique le communiqué.
Selon les estimations, près de 80 % des personnes ont passé la nuit dans une ressource temporaire, contre 16 % dans un lieu extérieur, incluant les campements.
Le phénomène ne se limite pas à l’hébergement d’urgence. L’itinérance extérieure, souvent la plus visible, connaît une croissance encore plus rapide.
Entre 2022 et 2025, elle a augmenté en moyenne de 14 % par année, comparativement à 10 % entre 2018 et 2022. Cette accélération témoigne d’une précarisation accrue de certaines personnes en situation d’itinérance.
Un exercice clé pour orienter les actions
Le dénombrement 2025 constitue le troisième exercice de ce type au Québec, après ceux de 2018 et 2022. Il a mobilisé « des milliers de bénévoles, d’intervenantes et d’intervenants, de travailleuses et de travailleurs de rue » ainsi que de nombreux organismes communautaires, est-il mentionné.
Ces données demeurent toutefois une estimation ponctuelle, réalisée sur une seule nuit, et représentent donc une sous-estimation du phénomène réel.
Un portrait plus détaillé, incluant le profil des personnes en situation d’itinérance, doit être publié à l’automne 2026. Entretemps, Québec rappelle que des investissements supplémentaires ont été annoncés afin de prévenir l’itinérance et de renforcer les services existants.
Sur la Côte-Nord comme ailleurs, les résultats préliminaires dressent un constat sans équivoque : l’itinérance progresse rapidement et s’ancre désormais dans l’ensemble des régions du Québec.
À découvrir
Des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.