Des parents de jumeaux risquent de se retrouver à la rue à Baie-Comeau

Par Johannie Gaudreault 12:00 PM - 7 avril 2026
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Marie-Noelle Beaudin Langlois et Mathieu Poirier sont à bout de ressources. Photo courtoisie

Malgré une chute importante de ses revenus et une situation familiale critique, une mère de jumeaux de Baie-Comeau affirme que sa demande de logement à loyer modique a été rejetée en raison de revenus jugés trop élevés… l’an dernier.

À Baie-Comeau, Marie-Noëlle Beaudin Langlois tire la sonnette d’alarme. Mère de jumeaux de cinq mois et conjointe d’un homme gravement malade, elle affirme se retrouver dans une impasse financière, sans pouvoir accéder à un logement subventionné auprès de l’Office municipal d’habitation de Manicouagan ou d’autres coopératives du même genre.

La famille loue actuellement une maison au coût de 1 600 $ par mois, mais peine désormais à assumer cette dépense. « On arrive à environ 4 500 $ de dépenses mensuelles, mais nos revenus tournent autour de 2 500 $. On fait comment pour vivre ? », lance-t-elle. Des retards de paiement se sont accumulés et, bien que le propriétaire se montre compréhensif, elle craint une expulsion éventuelle.

Cette situation découle d’un bouleversement majeur survenu au cours de la dernière année. Le conjoint de Mme Beaudin Langlois, Mathieu Poirier, atteint d’une maladie cardiaque depuis six ans, a vu son état se détériorer de façon importante. En attente d’une greffe, il est désormais inapte au travail.

« Il a une capacité cardiaque d’environ 20 %. Je ne sais jamais si je vais me lever un matin et devoir partir à l’hôpital avec lui », confie-t-elle, évoquant des hospitalisations répétées et des épisodes graves, dont un récent où il avait les poumons remplis d’eau.

Des revenus en chute libre

Depuis septembre, le couple ne peut plus compter que sur des prestations équivalant à environ 55 % de leur revenu habituel, via le Régime québécois d’assurance parentale. Une réalité difficile à concilier avec leur nouvelle vie de parents.

Les jumeaux, nés prématurément en octobre 2025, nécessitent des soins constants. « Je ne peux pas retourner travailler à temps plein. Mon conjoint n’a pas la capacité physique de s’occuper seul de deux bébés toute la journée », explique la mère. L’absence de places en garderie complique encore davantage la situation.

À cela s’ajoutent des coûts importants liés aux nourrissons, notamment l’alimentation. « Juste le lait nous coûte environ 1 000 $ par mois », précise-t-elle, ajoutant que plusieurs démarches pour obtenir du lait spécialisé couvert ont été refusées.

Dans ce contexte, la famille a déposé une demande de logement à loyer modique. Celle-ci a toutefois été refusée, notamment parce que les revenus du ménage dépassaient le seuil admissible l’année précédente, fixé à 49 000 $.

Une logique que dénonce vivement Mme Beaudin Langlois. « Ce n’est pas l’an passé qu’on en avait besoin, c’est maintenant », insiste-t-elle. Elle souligne que même une intervenante du réseau de la santé a appuyé leur demande, sans succès.

Pour la mère de famille, le problème dépasse son cas personnel. Elle estime que les critères actuels ne tiennent pas compte des changements brusques de situation. « Si j’étais déjà dans un HLM et que je perdais mon emploi, mon loyer serait ajusté. Mais comme je fais une nouvelle demande, on regarde seulement le passé. Il y a une énorme lacune », déplore-t-elle.

Elle affirme avoir multiplié les démarches : demandes auprès de coopératives d’habitation, contacts avec des élus, recours aux organismes communautaires. Sans succès jusqu’à présent. « On frappe à toutes les portes, mais on se fait toujours répondre non. »

Un avenir incertain

À court terme, la famille craint de perdre son logement sans solution de rechange. À plus long terme, les perspectives demeurent floues. Le conjoint pourrait être déclaré invalide de façon permanente, sans garantie de revenus suffisants, et la greffe cardiaque attendue n’est pas imminente.

« On ne sait pas dans six mois dans quel état il va être. On ne peut pas planifier un retour à la normale », explique Mme Beaudin Langlois.

Malgré l’aide ponctuelle d’organismes et la solidarité de la population, notamment par une campagne de sociofinancement, elle estime que des changements structurels sont nécessaires. « C’est inconcevable qu’en 2026, une famille comme la nôtre puisse passer entre les mailles du filet. On ne demande pas la charité, on demande un toit. »

L’OMH confirme les règles

L’Office municipal d’habitation de Manicouagan indique ne pas pouvoir commenter un dossier individuel sans consentement, mais confirme que l’accès aux logements à loyer modique repose notamment sur le revenu du ménage. Pour établir l’admissibilité, l’organisme se base sur l’avis de cotisation provincial de l’année précédente.

L’office souligne que ces critères sont uniformisés à l’échelle provinciale et qu’ils ne relèvent pas de sa discrétion. “ Toute notre clientèle est démunie d’une façon ou d’une autre et il doit y avoir une base afin de vérifier l’admissibilité ”, mentionne-t-on. Dans certains cas exceptionnels, lorsque des logements demeurent vacants plus de trois mois et qu’aucune demande ne correspond à la sous-catégorie visée, une majoration du plafond peut être autorisée par la SHQ. Le loyer est alors généralement fixé à 25 % du revenu du ménage, calculé à partir des données fiscales.

L’OMH précise que la présence de logements vacants ne signifie pas nécessairement qu’ils sont disponibles à court terme. Plusieurs unités nécessitent des travaux avant d’être relouées, et des listes d’attente subsistent selon les catégories de logements. 

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