Base navale à Sept-Îles : un expert se prononce
Le HMCS Robert Hampton Gray au quai de Pointe-aux-Basques, à Sept-Îles, en mars 2026. Photo Archives Vincent Rioux-Berrouard
La semaine dernière, la Ville de Sept-Îles a fait connaître son intérêt d’accueillir une navale de la Marine royale canadienne. Plusieurs facteurs influenceront le choix du site de cette future base, indique le professeur Christian Leuprecht du Collège militaire royal du Canada.
La construction d’une base navale au Québec, notamment sur la Côte-Nord, pourrait s’inscrire dans un projet plus large en lien avec un oléoduc et l’exportation des minéraux critiques, selon M.Leuprecht.
Marinvest Énergie Canada, une société énergétique, a l’intention de construire un pipeline qui partirait de l’Ontario jusqu’à Baie-Comeau. Tandis que pour Sept-Îles, le premier ministre du Québec, François Legault, a lancé l’idée, en mai 2025, d’un oléoduc qui pourrait traverser le Québec et se rendre à Sept-Îles, pour amener le pétrole albertain.
Également, le Nord-du-Québec et la fosse du Labrador contiennent des minéraux critiques qui pourraient être expédiés par la Côte-Nord.
« Il faut un port pour des exportations, alors pourquoi ne pas créer des infrastructures plus larges pour la Marine », dit-il. Il ajoute qu’une base navale viendrait ainsi protéger les infrastructures économiques.
De tels projets peuvent créer de l’opposition, selon le professeur, mais s’ils sont accompagnés d’investissement public comme une base navale, cela pourrait favoriser l’acceptabilité sociale.
Pour M. Leuprecht, le choix du site pourrait découler de facteurs politiques. Dans un contexte où le Parti québécois, une formation prônant l’indépendance du Québec, pourrait former le prochain gouvernement, un investissement fédéral majeur avec une base navale au Québec serait une façon de prouver la pertinence du Canada.
Il est difficile pour le professeur Leuprecht de se prononcer à savoir quel serait le site idéal pour une base navale parmi les villes qui ont fait savoir leur intérêt. Il rappelle que plusieurs facteurs tels que la géographie, les capacités d’approvisionnement, les coûts potentiels de construction et des enjeux politiques entreront en ligne de compte, lorsqu’une décision devra être prise.
Plusieurs raisons motivent la Marine royale canadienne à vouloir une base militaire dans le golfe du Saint-Laurent, selon le professeur. Au niveau géostratégique, une base navale dans le golfe du Saint-Laurent viendrait protéger les chaînes d’approvisionnement qui relie l’Europe jusqu’au port de Montréal.
La Marine canadienne est aussi en train d’augmenter sa flotte, avec l’acquisition de frégates et de sous-marins. Il faut donc que les nouveaux vaisseaux aient un port d’attache. Cela passera par l’agrandissement des deux bases existantes, Halifax (Nouvelle-Écosse) et Esquimalt (Colombie-Britannique), ou par la construction d’une nouvelle base.
Base en milieu francophone
Le but d’une base en milieu francophone a aussi des objectifs au niveau du recrutement. Les Forces armées canadiennes possèdent une base aérienne, Bagotville, ainsi qu’une base de l’armée de terre, Valcartier, au Québec. Cela permet aux officiers francophones d’évoluer au Québec. Cette possibilité n’existe pas pour les officiers de la marine, en raison de l’absence de base en milieu francophone.
« Les effets sont très clairs. Parmi les trois unités de l’armée, les francophones sont les moins représentés dans la Marine », dit-il.
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