Venu digérer sa peine d’amour seul à Anticosti, l’antihéros Paul Carpentier se retrouve malgré lui au cœur d’un complot international, après avoir secouru une mystérieuse naufragée. L’auteur Luc Chartrand, invité au Salon du livre de la Côte-Nord, présente son roman.
L’intrigue de Marées noires, le dernier roman de Luc Chartrand, mêle espionnage et écoterrorisme. Il tient le lecteur en haleine entre les courses de motoneiges et les torpilles de sous-marins russes dans le Saint-Laurent.
« Tous les étés, j’accompagnais mon père dans les forêts reculées de la région », confie l’ex-journaliste de Radio-Canada au Nord-Côtier, en parlant de l’époque de ses études collégiales. « Cet univers-là m’a toujours habité », explique le chasseur de chevreuil et amateur de plein air, qui a été appelé à fréquenter la Côte-Nord dans le cadre de son travail.
C’est toutefois lors d’un de ses séjours touristiques dans la région qu’il a son épiphanie littéraire, point de départ du roman paru l’automne dernier chez Québec Amérique.
« J’étais sur une plage anticostienne lorsque la vision d’une femme qui s’échoue m’est apparue. Je voulais partir de cette idée », relate-t-il.
Trilogie
Le roman Marées Noires est le plus récent opus d’une trilogie mettant en scène le personnage Paul Carpentier, un journaliste déchu converti en guide de chasse. L’intrigue s’articule autour de l’obsession du protagoniste à retrouver cette jeune femme et à découvrir les motifs de son naufrage.
Pourtant, tout les sépare ; il est carnivore elle végane ; il est sensible et sanguin ; elle est muette et froide, du moins en apparence. Même si on y parle de conflits politiques actuels, comme de la crise climatique et des tensions du Moyen-Orient, l’œuvre captive par son lot ininterrompu de rebondissements et de suspense.
« Le roman ne se veut pas une prise de position politique, même si des personnages sont parfois teintés d’une couleur militante », explique Luc Chartrand, qui a couvert divers conflits à travers le globe pour le Téléjournal de Radio-Canada.

Trotskistes et maoïstes
L’origine des références aux grandes révolutions du XXe siècle provient du passé militant de l’auteur.
« Dans les années 1970, j’ai fréquenté beaucoup de trotskistes et de maoïstes, donc j’ai mis un peu de mon histoire dans le roman », ajoute-t-il.
Les lecteurs d’ici reconnaîtront des lieux et des personnages. Par exemple, Alec Fontaine, un adjuvant du personnage principal, est un Innu de Maliotenam.
« Comme journaliste, j’ai beaucoup interagi avec les Innus de la Côte-Nord, donc leur univers ne m’est pas étranger », explique le romancier.
Les récits de l’anthropologue Serge Bouchard (1947-2021) sur les Innus, comme celui sur le chasseur Mathieu Mestokosho, sont ses « lectures de chevet ».
Luc Chartrand, Marées noires, Québec Amérique, 2025, 376 p., 29,05 $
Le 42e Salon du livre de la Côte-Nord proposera plus de 230 activités
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