Katia Rock : « Tout part de Maliotenam »

Par Edmond Sauvé 5:00 AM - 2 avril 2026
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Katia Rock pose fièrement dans le hall d'entrée du nouveau centre culturel Tshissenitamun Mitshuap, qui signifie « Maison des savoirs » en innu-aimun. Photo Edmond Sauvé

Le 24 février dernier, l’artiste multidisciplinaire Katia Rock faisait partie du jury pour la finale locale de Secondaire en spectacle. Ce contact avec la jeunesse l’a emplie d’optimisme et lui a permis de réfléchir sur le chemin parcouru depuis ses premières années dans le milieu musical. 

« En début de carrière, j’ai cogné à beaucoup de portes, mais celles-ci sont souvent restées closes en raison de ma langue », lance la musicienne sans une once d’amertume. « J’ai l’impression que j’ai dû ouvrir les chemins, mais que les jeunes peuvent maintenant les emprunter », raconte-t-elle avec fierté.

À quatorze ans, Katia Rock quitte la communauté de Maliotenam pour s’initier aux arts de la scène à Montréal.

« Je voulais tout connaître, tout découvrir », se remémore-t-elle.

Même loin de sa région natale, la fierté de représenter sa nation ne l’a jamais quittée. Elle s’enthousiasme pour l’ouverture que le public québécois manifeste pour la musique en langues autochtones, surtout en innu-aimun.

« C’est toujours le public qui décide », constate Katia Rock, à la lumière de son expérience trentenaire dans le milieu musical.

Rôle de mentor auprès des jeunes

Occupant actuellement un poste d’animatrice-formatrice au centre culturel Tshissenitamun Mitshuap, Katia Rock est enchantée de pouvoir être aux premières loges de l’incubation de talents musicaux.

Elle décrit Maliotenam comme un véritable nid d’artistes, galvanisé par l’entraide entre ses différents membres. Des aînés comme des vedettes locales peuvent venir en aide à leur prochain. Par exemple, Katia Rock vient tout juste de lancer un projet dans lequel elle invite des artistes établis à composer de la musique pour des auteurs de la relève qui écriront les paroles. Ce nouveau rôle de transmission des savoirs est aussi important pour elle, que l’a été la scène. 

« Parfois, les jeunes ont déjà une belle technique vocale, mais ils manquent de confiance », rapporte Katia Rock, qui précise que la confiance est souvent l’ingrédient le plus important pour connaître du succès en musique.

Selon elle, c’était le cas de Kanen, par exemple. Initialement, cette artiste issue de Maliotenam démontrait une certaine timidité, mais elle est maintenant un « soleil sur scène ».

Pendant toute la durée de l’entrevue, l’artiste s’affaire sur la manche d’une veste traditionnelle innue. Photo Edmond Sauvé

Un nouvel essor en musique de langue innue

« La musique commerciale occupera toujours une part importante du marché, mais il y a de la place pour des œuvres différentes », commente Katia Rock.

Même si le milieu musical demande à ses artisans une grande discipline et une passion quasi sans bornes, Rock croit que les œuvres « faites dans le fun », sont parfois celles qui rayonnent le plus.

Elle sent un réel intérêt de la part du public québécois pour la musique en langues autochtones et elle constate que les jeunes ont de plus en plus d’outils pour atteindre leurs fins.

« C’est certain qu’à l’époque, nous n’avions pas autant de maisons de disques qu’aujourd’hui », ajoute l’artiste. Elle pense notamment au studio Makusham, à Musique Nomade et à Manito Production, qui offrent des moyens professionnels aux jeunes artistes autochtones pour se produire.

Au début de sa carrière, Katia Rock avait peu de modèles de qui s’inspirer. Celle qui se décrit comme une autodidacte trouve que les jeunes ont maintenant beaucoup plus d’exemples de réussite.

La passion qu’entretient Katia Rock pour le mentorat est palpable ; son esprit déborde de projets qu’elle a envie d’explorer avec les écoles, les artistes, les jeunes… Elle trouve que Maliotenam est choyée d’être aussi fertile en musiciens et ne cache pas son optimisme envers l’avenir des Innus en musique. 

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