L’État du fer : une importante hausse de la demande du fer de haute pureté est anticipée
Steve Boulet, expert dans l’analyse des impacts économiques de la direction des politiques minières au ministère des Ressources naturelles et des forêts, à l’État du fer 2026. Photo Manuel Paradis
Les changements technologiques dans l’industrie de l’acier et le virage vers les fours à réduction directe entraineront une forte demande pour le fer de haute pureté, voire même une pénurie. Les mines de la fosse du Labrador seraient parmi les mieux positionnées au monde pour répondre à cette demande.
Les prévisions du gouvernement du Québec indiquent que les infrastructures énergétiques mondiales vont exiger près de 3 milliards de tonnes d’acier d’ici 2050, et l’intérêt pour l’acier vert continuera de provoquer une hausse de la demande du fer de haute pureté.
François Lavoie, vice-président sénior, ventes, marketing technique et développement de produits chez Minerai de fer Québec (Champion Iron), confirme que son organisation fait la même analyse.
« Lorsqu’on considère la quantité de fer de haute pureté actuellement disponible sur le marché, et qu’on regarde les projets d’extraction qui ont été annoncés, on peut évaluer la quantité qui sera disponible dans les prochaines années », explique M. Lavoie.
Traditionnellement, l’acier se fabrique dans des hauts fourneaux qui ont besoin de minerai de fer traditionnel. Ce processus est polluant, et l’industrie sidérurgique se tourne actuellement vers les fours à réduction directe (DRI), afin de diminuer ses émissions. Ces nouveaux équipements changent les exigences en termes de matières premières : le DRI nécessite un minerai de fer de qualité supérieure, ce qui modifie les chaînes d’approvisionnement mondiales et avantage les producteurs capables de fournir le fer de haute pureté.
« Quand on considère le nombre de fours de réduction directe qui se construisent en ce moment, on constate un déséquilibre. Ces nouveaux fours vont nécessiter beaucoup de fer de haute pureté», dit-il.
L’industrie du fer en chiffres
Steve Boulet, expert dans l’analyse des impacts économiques de la direction des politiques minières au ministère des Ressources naturelles et des forêts, a présenté un portrait des impacts économiques de l’industrie du fer au Québec.
Au Québec, parmi les 21 mines actives, on compte quatre mines de fer : le complexe minier du Mont-Wright et la mine de Fire Lake exploités par ArcelorMittal, le complexe minier du Lac Bloom opéré par Minerai de fer Québec et le site d’extraction de Tata Steel, dans la région de Schefferville.
Des 54 projets miniers actuellement en développement, huit visent l’extraction du fer. Parmi ceux-ci, on retrouve le projet Kami de Champion Iron.
Le fer du Québec représente en moyenne près de 60 % de la production canadienne et il représente le tiers du produit intérieur brut de la Côte-Nord, soit un peu plus de 3 G$. Le minerai de fer représente 50 % des redevances versées au gouvernement provincial entre 2020 et 2024 et l’industrie engendre plus de 11 000 emplois directs, indirects et induits.
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