Trois grandes instances nord-côtières unissent leurs voix pour dénoncer l’essoufflement du milieu communautaire et réclamer un financement à la hauteur des besoins, dans un contexte d’inflation et de pressions accrues sur le terrain.
La Table des groupes populaires de la Côte-Nord, le Regroupement des femmes de la Côte-Nord et la Table régionale des organismes communautaires et des corporations de développement communautaire (TROC-CDC Côte-Nord) affichent un appui « indéfectible » au mouvement « Le Communautaire à boutte », dénonçant un secteur à bout de souffle.
« Nos trois regroupements, qui représentent la diversité et la force du tissu social nord-côtier, constatent quotidiennement l’essoufflement des travailleuses, des travailleurs et des militant(e)s sur le terrain », affirment-ils d’entrée de jeu.
Sur un territoire marqué par l’éloignement et l’étendue géographique, les organismes communautaires jouent un rôle central, rappellent les signataires.
« Sur notre vaste territoire, les organismes communautaires ne sont pas seulement des filets de sécurité ; ils sont aussi le cœur battant de nos communautés. Pourtant, ce cœur s’épuise sous le poids d’un sous-financement chronique et d’une reconnaissance gouvernementale qui tarde à se traduire en gestes concrets. »
Les regroupements pointent d’abord un enjeu budgétaire devenu critique. « Malgré les indexations partielles, l’écart entre les besoins de la population et les ressources allouées ne cesse de se creuser », écrivent-ils, évoquant une pression accrue liée à l’inflation et à la hausse du coût de la vie.
Cette situation affecte directement les organismes, mais aussi les citoyens qu’ils accompagnent au quotidien, insistent-ils.
Des équipes à bout de souffle
À cette pression financière s’ajoute une crise humaine. « Nos travailleuses et travailleurs portent la mission à bout de bras, souvent au détriment de leur propre santé. La précarité des conditions de travail dans le secteur communautaire devient insoutenable », soulignent les regroupements.
Ils décrivent un milieu où l’engagement repose de plus en plus sur des équipes fragilisées, confrontées à une demande grandissante sans ressources suffisantes.
La Côte-Nord présente par ailleurs des défis particuliers. « Sur la Côte-Nord, l’isolement géographique et les distances ajoutent une pression supplémentaire sur nos services. Quand le communautaire est “à boutte”, c’est l’ensemble de la région qui devient vulnérable », préviennent-ils.
Les organisations appuient les principales demandes du mouvement, dont l’augmentation substantielle du financement à la mission globale et le respect de l’autonomie des organismes.
« Il est temps que le gouvernement reconnaisse que nous ne sommes pas des sous-traitants de l’État, mais des acteurs autonomes essentiels à la justice sociale et à l’égalité », concluent-elles.
Les regroupements assurent qu’ils continueront de porter haut et fort le message du mouvement Le Communautaire à boutte à travers la région.



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