Agressions sexuelles alléguées : un recours collectif vise le diocèse de Baie-Comeau
Le diocèse de Baie-Comeau est visé par une action collective déposée à la Cour supérieure le 1er avril. Elle devra être autorisée par un juge pour aller de l’avant. Photo Anne-Sophie Paquet-T.
Une demande pour être autorisé à un recours visant des membres du clergé du diocèse de Baie-Comeau, pour des gestes remontant aux années 1970, a été déposée en Cour supérieure, alors que plus d’une vingtaine de présumées victimes se sont déjà manifestées.
Dans le diocèse de Baie-Comeau, les agressions alléguées auraient notamment été commises par l’abbé Richard Staniforth, entre autres dans un camp de vacances situé dans le village de Les Buissons, ainsi que par l’abbé Gaston Vachon, associé à la Cathédrale Saint-Jean-Eudes, le siège épiscopal de l’évêché de Baie-Comeau.
À ce stade, 23 personnes affirment avoir été victimes d’actes commis par les abbés ainsi que par d’autres individus liés au diocèse, à partir des années 1970.
« Le diocèse est responsable, pour toute période, des gens qui agissaient sous son autorité. Donc, le diocèse est responsable des gestes qui ont été posés. Même si les prêtres sont décédés, la responsabilité du diocèse subsiste », fait savoir Me Marc Bellemare, qui pilote le recours.
Le recours vise l’ensemble des personnes qui auraient été agressées sexuellement par un membre du clergé, un employé ou un bénévole relevant de l’autorité de l’évêque catholique romain de Baie-Comeau ou de la Corporation épiscopale catholique romaine de Baie-Comeau.
Deux plaignants représentent actuellement le groupe. Dans les documents déposés en cour et obtenus par le Journal, l’un d’eux affirme avoir été agressé à l’âge de 15 ans par l’abbé Vachon.
Ce dernier aurait invité l’adolescent à souper chez lui, sous le prétexte de lui parler d’un éventuel voyage religieux. De l’alcool lui aurait été servi en grande quantité. Le plaignant soutient avoir dénoncé les faits au diocèse, mais que « ça arrive » lui aurait-on répondu, selon les procédures judiciaires.
Une seconde plaignante allègue pour sa part avoir subi des agressions répétées de la part de l’abbé Staniforth dès l’âge de 10 ans, notamment lors de visites à son domicile et dans un camp de vacances.
Selon les documents, l’abbé Staniforth se serait servi de son titre pour « développer une relation de proximité avec les jeunes du camp » de vacances. Les documents de cour évoquent des gestes commis sur la plaignante, alors que l’enfant était isolée, sous prétexte d’examens médicaux.
Les deux personnes affirment avoir subi d’importantes séquelles, dont de la dépression, un sentiment d’humiliation et un rejet de la religion. Les présumées victimes conservent l’anonymat lors des procédures de l’action collective.
L’avocat invite les autres victimes potentielles à se manifester. Selon le cabinet impliqué, des indemnisations pouvant atteindre 250 000 $ pourraient être réclamées dans ce type de dossier.
Le diocèse de Baie-Comeau s’ajoute ainsi à d’autres organisations religieuses déjà visées par des actions collectives similaires liées à des allégations d’agressions sexuelles à caractère systémique.
Rappelons qu’en 2022 l’ancien évêque du diocèse de Baie-Comeau, Mgr Jean-Pierre Blais, était aussi visé par des accusations d’agressions sexuelles.
Le diocèse de Baie-Comeau dit n’avoir rien reçu concernant la demande de recours collectif. « Nous ne ferons pas de commentaire. »
Avec Karianne Nepton-Philippe

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