Une dizaine de cas de femmes, filles et bispirituelles autochtones disparues ou assassinées recensés sur la Côte-Nord
La cartographie recense 124 femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones disparues ou assassinées documentées entre 1950 et février 2026. Image Femmes Autochtones du Québec
La Côte-Nord fait partie des régions les plus touchées par la violence faites aux femmes et aux filles autochtones, révèle une carte des cas de celles assassinées ou portées disparues au Québec.
Un travail de recherche initié par Femmes Autochtones du Québec (FAQ) en collaboration avec l’Université du Québec en Outaouais (UQO) a permis une cartographie des femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones disparues ou assassinées (FF2E+ADA) au Québec.
L’enjeu de la violence faite aux femmes et aux filles autochtones est bien connu au Canada, mais aucune donnée n’existait sur la situation spécifique au Québec.
La carte dévoilée mardi en conférence de presse recense 124 cas. Là-dessus, 96 sont des femmes et des filles assassinées, 14 personnes sont toujours disparues, et 14 ont été portées disparues avant d’être retrouvées sans vie.

Les régions les plus touchées sont le Nunavik (39), Montréal (13), l’Outaouais (11), le Nord-du-Québec (10), la Côte-Nord (10) et la Montérégie (10).
Les cas nord-côtiers sont d’origine Innus et Naskapis.
À cela s’ajoutent de nombreux décès suspects ou survenus dans des circonstances aggravantes. Les recherches couvrent la période de 1950 à 2026. Au total, 220 parcours de vie ont été documentés à travers le projet.
La plupart des victimes avaient entre 18 et 39 ans, des femmes « dans la fleur de l’âge, qui avaient toute la vie devant elles », a souligné Marjolaine Étienne, présidente de Femmes Autochtones du Québec.
« Ça vient confirmer ce qu’on sait depuis toujours… la douleur des familles, les réponses qu’elles n’ont pas obtenues », a dit Mme Étienne.
La collaboration de l’Association des directeurs de police des Premières Nations et Inuit du Québec a permis de brosser un portait plus large. En 2024, les 22 corps de police de l’Association ont rapporté 2 500 dossiers liés à la violence.
« Lorsqu’on sait, ne plus agir n’est pas une option », a dit son directeur, Pierre Simard, qui estime qu’en réalité, ce chiffre doit être de 3 à 4 fois plus élevé.
C’est que de nombreuses situations de violence ne sont pas dénoncées ou ne font jamais l’objet d’un signalement officiel.
Les données du projet ont été recueillies entre 2024 et 2026 notamment à partir de témoignages de familles, de rapports de coroners, d’archives nationales et auprès de différents corps policiers.
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