Des pharmaciens de Sept-Îles et Port-Cartier pour qui l’annonce par Québec du plafonnement de leurs honoraires avait provoqué une onde de choc se disent satisfaits du recul du gouvernement dans le dossier.
Devant la forte opposition des pharmaciens, le gouvernement du Québec a décidé de retirer un amendement à un projet de loi qui aurait plafonné les honoraires professionnels, lorsqu’ils font affaire avec des assureurs privés. Le ministre du Travail, Jean Boulet, a annoncé dans une publication sur X, lundi soir, qu’il sera retiré du projet de loi 15.
Les honoraires qu’ils facturent aux assureurs privés représentent une partie importante des revenues des pharmaciens propriétaires. La mesure avait provoqué une levée de boucliers chez les pharmaciens à travers la province, dont sur la Côte-Nord.
« Cet amendement-là a provoqué une onde de choc dans le milieu des pharmacies, parce qu’on n’est pas reconnu à notre juste valeur », a affirmé Albert Roy, pharmacien propriétaire pour Brunet à Port-Cartier, Les Escoumins et Sacré-Cœur.
En réaction, la pharmacie Brunet de Port-Cartier avait annoncé une réduction des heures d’ouverture, dont une fermeture le dimanche. Maintenant, ce réajustement de service ne devrait pas avoir lieu.
Les pharmaciens rappellent qu’ils offrent plusieurs services à leurs patients et que ceux-ci auraient été compromis, si l’amendement avait été mis en place.
« Dans les projets de développement pour les services aux patients, il faut des budgets pour cela. Ça nous prend une prévisibilité dans un modèle d’affaires pour pouvoir rendre ces services », affirme Jessy Brisson, pharmacienne copropriétaire au Jean Coutu de Sept-Îles.
« Le gouvernement nous demande d’être en première ligne. D’offrir le meilleur service possible et d’être là pour les patients, pour les médecins et pour le système de santé québécois, mais [il nous aurait] coupé les deux jambes [avec l’amendement] », explique Audrey B. Lachapelle, pharmacienne copropriétaire du Jean Coutu de Sept-Îles.
Comme l’indique Albert Roy, pour offrir des services, cela nécessite des employés et des locaux, ce qui a un coût.
« Si on [avait] légiféré sur les honoraires du privé et le public n’est pas plus financé, ce n’est pas viable », dit-il.
Entente de principe
Une entente de principe a été conclue entre l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) et le gouvernement à ce sujet. En échange du retrait de l’amendement, il a été convenu que l’AQPP participera à des discussions tripartites avec le gouvernement et les assureurs sur la question des honoraires associés aux médicaments de spécialités.
L’annonce du recul du gouvernement est bien accueillie.
« On comprend que le gouvernement nous a écoutés et on espère qu’il va vouloir négocier de bonne foi pour développer nos services », affirme Audrey B. Lachapelle.
« On est satisfaite de cette annonce. On voit que notre rôle de première ligne est mieux reconnu avec une telle entente plutôt que de venir nous imposer quelque chose », ajoute Jessy Brisson.
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