Le nouvel aréna de la Ville de Sept-Îles aura fait couler beaucoup d’encre. Les tergiversations maintenant terminées, la construction du bâtiment est bien entamée. Quelques mois plus tard, pendant que les efforts de financement se poursuivent, est-ce que ce grand chantier municipal provoque des retombées économiques locales et si oui, de quelle envergure ?
Rencontré sur le toit du nouvel Aréna, Oussama Boulahia, directeur de l’ingénierie de la Ville de Sept-Îles, est confiant de voir le chantier se terminer dans les temps. Selon lui, les premiers coups de patin auront lieu à l’automne 2026, comme prévu. Et c’est avec une expérience certaine qu’il arrive à cette conclusion, ayant participé à plusieurs chantiers majeurs, ici sur la Côte-Nord, mais aussi ailleurs, entre autres en Tunisie, où il a contribué à la construction de la cité olympique pour l’organisation des jeux méditerranéens de 2001.
La Ville de Sept-Îles a attribué en février 2025 à l’entreprise EBC le contrat de 62,2 millions pour le projet de construction du nouvel aréna. À ce montant s’ajoutent les honoraires pour les plans et devis, la surveillance de chantier, le contrôle de la qualité des travaux, le raccordement de la fibre optique, les frais de financement et les taxes, en plus des 10 % réservés aux imprévus de chantiers.
Les travaux devraient en principe se réaliser en 15 à 18 mois et donc coûter au total 78,5 millions.
C’est un peu plus de 20 millions de dollars en contrats qui sont octroyés par EBC à quatre entreprises locales de Sept-Îles et de Port-Cartier, selon M. Boulahia. Lorsqu’on considère l’ensemble des contrats de sous-traitance, alloués à 28 fournisseurs au total, c’est plus de 51 millions de dollars qui sont sous-traités par l’entrepreneur général.
Les retombées économiques locales directes du projet sont donc de près 39 %, lorsqu’on considère uniquement la part des contrats octroyés. Bien que la Ville n’ait pas de contrôle sur le résultat des appels d’offres, le directeur de l’ingénierie se réjouit de constater que les entrepreneurs de la région sont sélectionnés dans des rôles clés.
Bon ou mauvais ?
Difficile d’évaluer si cette proportion est bonne ou mauvaise, il est souvent complexe de comparer les retombées d’un grand chantier à l’autre, en particulier lorsqu’on considère les exigences spécifiques et les niveaux d’expertises locales dans la réalisation de différents travaux spécialisés.
Des observateurs du milieu de la construction notent toutefois que le développement des projets doit prendre en considération les capacités des entrepreneurs locaux, afin de maximiser les bénéfices pour les communautés.
En plus des retombées économiques directes, d’autres entreprises de la région profitent indirectement des dépenses engendrées par la construction de l’aréna. M. Boulahia souligne qu’étant donné que certains travailleurs proviennent de l’extérieur, certains restaurants et établissements hôteliers voient leurs clientèles augmenter lors des périodes de pointe sur le chantier.
De plus, il mentionne qu’une partie des 11,2 millions non alloués en sous-traitance par EBC provoque aussi des retombées économiques par l’embauche de main-d’œuvre locale.
L’entreprise EBC n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue pour préciser ce point.
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