Le froid retarde la saison du crabe des neiges au 6 avril

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Par Nadia Dorval 8:48 AM - 30 mars 2026
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Des crabiers en attente de leur mise à l’eau. Photo Nadia Dorval

La saison de pêche du crabe des neiges dans la zone 16 qui devait initialement commencer le 26 mars a été repoussée au 6 avril. La faute revient à dame nature, qui semble s’amuser à prolonger les températures froides en ce début de printemps.

Bien avant que les pêcheurs de la Côte-Nord puissent lever l’ancre et partir à la récolte des premiers crabes des neiges de la saison 2026, la première étape est la remise des bateaux à l’eau. Une étape que le froid, la glace et les récentes précipitations ont grandement ralentie cette année.

« Pour s’assurer que les bateaux puissent être mis à l’eau, on a besoin de température assez clémente pour le faire. Ce n’est pas nous qui contrôlons ça, c’est le parc d’hivernage (…) », explique le directeur général de l’Office des pêcheurs de crabe des neiges de la zone 16, Jean-René Boucher.

La zone 16 s’étend de Pointe-des-Monts à Natashquan, tandis que la zone 17 va de Tadoussac à Pointe-des-Monts.

Il ajoute que pour opérer la machinerie, la température doit être supérieure à -5 °C, ce qui n’a pas été le cas souvent ces derniers temps.

« Les précipitations qu’on a eues dernièrement aussi, toute la glace qu’on retrouve dans le quai, dans la baie aussi, sont des facteurs limitants également », dit M. Boucher.

La grue de mise à l’eau n’était pas en marche vendredi dernier, les températures étant encore trop froides. Photo Nadia Dorval

Le parc d’hivernage de Sept-Îles est le seul sur la Côte-Nord à posséder une grue de portée pour remettre les crabiers à l’eau. On y retrouve donc des bateaux qui sont entreposés à sec, après la saison de pêche, qui sont loin de leur port d’attache. Il ne suffit pas seulement d’avoir une fenêtre de température idéale pour remettre les bateaux à l’eau, il faut s’assurer, selon Jean-René Boucher, que les bateaux puissent faire le trajet du retour vers leur port d’attache.

« Ça implique que les pêcheurs, par exemple de Natashquan, doivent faire le transport jusque là, ce qui implique un 24 heures de bateau », explique-t-il. « Une fois rendus à leur quai, ils doivent embarquer les cages à bord du bateau. C’est pour ça qu’il y a quand même plusieurs éléments dont on doit tenir compte, avant de pouvoir ouvrir la pêche. »

Ce n’est pas tout, même si les bateaux sont à l’eau et que la pêche est ouverte, s’il fait encore des températures comme -10 °C ou -15 °C ce n’est pas l’idéal.

« On sait que quand il fait très froid, le crabe a tendance à perdre ses pattes, ce qui n’est pas super intéressant pour l’usine ni pour le consommateur en poissonnerie », indique M. Boucher.

C’est tous ces facteurs réunis qui expliquent que la date de début de la pêche a été repoussée au 6 avril. Actuellement, la mise à l’eau des crabiers progresse bien, indique M. Boucher.

« Pour avoir discuté avec les gens du parc d’hivernage, tout est sous contrôle, puis on devrait être capable de procéder à la mise à l’eau suffisamment d’avance pour que tout le monde puisse partir en même temps, à armes égales, si on veut, le 6 avril au matin », dit-il.

Le crabe des neiges est plus petit dans les zones 16 et 17 selon les scientifiques depuis les deux dernières années. Photo Vincent Rioux-Berrouard

Des plus petits crabes, selon les scientifiques

Depuis environ deux ans, on observe que dans la zone de pêche 16 et 17, les crabes sont de plus petite taille que la moyenne historique. Selon Sarah Loboda, biologiste en évaluation des stocks pour le crabe des neiges au ministère des Pêches et Océans, les crabes font en moyenne 112 mm, mais depuis les deux dernières années, ils sont plutôt autour de 106 mm.

« Ça paraît tout petit, 4 mm, mais ça a une influence vraiment sur le poids du crabe », dit Mme Loboda.

Sur le terrain, le phénomène des petites tailles a été observé selon Jean-René Boucher, mais il reste prudent.

« Il y aurait peut-être ce phénomène-là qui serait constaté par certains. On n’est pas, je dirais, 100 % convaincus. On aurait besoin de plus de chiffres à l’appui pour le constater. Par contre, ça n’a pas l’air d’être aussi pire ou flagrant que la zone 17, je dirais, qui voit vraiment une diminution des tailles de crabes », dit M. Boucher.

Ce phénomène peut avoir des conséquences entre autres sur les quotas de capture autorisés.

« Pour les sciences, c’est quelque chose qu’on regarde, parce que les recommandations pour la gestion de cette ressource-là, c’est fait en tonnes. Donc si on met un même tonnage que par exemple une année où les crabes sont plus gros, on va avoir beaucoup plus d’individus enlevés de la population », explique la biologiste.

Il faut comprendre aussi que les crabes capturés sont presque à 100 % des mâles, car ce sont eux qui ont la taille réglementaire.

« Le crabe des neiges, la taille minimale légale, c’est 95 mm (…). En fait, il n’y a pas de femelles capturées, parce que c’est rare que des femelles se rendent à cette taille-là », dit Sarah Loboda.

C’est ce qu’on appelle un dimorphisme sexuel en terme scientifique, c’est-à-dire que la femelle est beaucoup plus petite que les mâles.

Il existe plusieurs hypothèses pour expliquer la taille plus petite des crabes des neiges, mais la principale est, selon Sarah Lobada, que nous sommes actuellement au début d’un cycle d’abondance du crabe.

« On visualise une vague avec un creux, on redémarre la vague. Et quand on est vraiment au début de ce démarrage de vagues là, souvent, on va avoir des crabes un peu plus petits, parce qu’on a épuisé les vieux crabes qui avaient réussi à ne pas se faire pêcher, qui commencent à mourir dans le fond », explique la biologiste.

Ce cycle est d’une durée d’environ 10 ans. Les crabes qui sont pêchés ont en général entre 10 et 11 ans. Le crabe des neiges peut vivre jusqu’à 15 ans.

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