Une nouvelle carte de la défavorisation qui soulève des questions dans les écoles de la Côte-Nord
Des écoles changent de rang dans l'échelle de défavorisation scolaire, mais les effets réels sur les ressources et les services demeurent incertains à ce stade. Photo Depositphotos.com
La mise à jour de l’indice de milieu socioéconomique (IMSE) vient bousculer le portrait scolaire de la Côte-Nord, sans toutefois en clarifier tous les enjeux. Si certaines écoles changent de rang dans l’échelle de défavorisation, leur réalité, elle, demeure inchangée et les impacts concrets de ce repositionnement restent encore à déterminer.
Sur le terrain, rien n’a nécessairement changé. Pourtant, sur papier, plusieurs écoles nord-côtières verront leur classement être modifié dès la prochaine année scolaire.
L’IMSE, utilisé par le ministère de l’Éducation, classe les écoles sur une échelle de 1 à 10, où 1 correspond aux milieux les plus favorisés et 10 aux milieux les plus défavorisés, selon des facteurs comme la scolarité des mères et l’activité des parents sur le marché du travail. Il ne mesure toutefois pas directement la réalité d’une école, mais celle des milieux d’où proviennent ses élèves.
Chaque élève « transporte » ainsi avec lui un indice lié à son secteur de résidence, ce qui peut faire varier le rang d’une école même si sa population semble stable.
Des changements partout
Au Centre de services scolaire de l’Estuaire, plusieurs écoles changent de catégorie. Six atteindront l’indice 10, dont deux qui passent de 9 à 10. D’autres montent ou descendent, certaines perdant l’accès aux ratios réduits en classe.
Le centre de services scolaire n’a toutefois pas souhaité identifier les établissements concernés dans le but d’éviter de créer des inquiétudes avant de connaître les impacts réels.
« Il y a deux impacts distincts », explique la directrice générale Nadine Desrosiers. Les indices 9 et 10 influencent le nombre d’élèves par classe, tandis que les autres agissent principalement sur le financement et les mesures de soutien.
Dans plusieurs petites écoles de la région, les groupes sont déjà sous les seuils permis, ce qui pourrait limiter les effets concrets sur les ratios, malgré les changements observés.
Du côté du Centre de services scolaire du Fer, le directeur général Marc-André Massé évoque plutôt des transformations socioéconomiques dans les communautés pour expliquer les variations, comme la mobilité des familles ou le vieillissement de la population.
Au CSS de la Moyenne-Côte-Nord, certains écarts sont plus marqués. Les écoles Leventoux et Lestrat passent de 2 à 7, tandis que l’école secondaire Monseigneur-Labrie grimpe de 7 à 10. Ces hausses pourraient permettre l’ajout de ressources, sans effet prévu sur le nombre d’élèves par classe.
Des impacts encore inconnus
Malgré ces changements, une constante ressort dans les trois centres de services scolaires : les effets concrets restent impossibles à mesurer pour l’instant.
Les organisations sont toujours en attente des paramètres budgétaires du ministère, qui détermineront les ressources réellement accordées aux écoles.
« Il y a trop d’inconnus pour chiffrer les impacts », résume la direction de l’Estuaire.
Pour les directions d’école, cela signifie qu’il est encore trop tôt pour savoir si ces nouvelles classifications entraîneront des gains, des pertes ou simplement peu de changements dans les services offerts aux élèves.
Une mise à jour provinciale
Le phénomène observé sur la Côte-Nord s’inscrit dans un mouvement plus large.
Le passage aux données du recensement de 2021 a entraîné de nombreux déplacements dans les rangs IMSE à l’échelle du Québec, redéfinissant en partie la carte de la défavorisation scolaire.
Ces variations ne traduisent pas nécessairement une transformation rapide des écoles, mais plutôt une mise à jour statistique des réalités socioéconomiques des territoires.
Un indicateur seulement
Si l’IMSE influence l’accès à certaines ressources, il ne résume pas à lui seul la réalité d’un milieu scolaire.
Il s’agit d’un indicateur basé sur des facteurs reconnus comme étant liés à la réussite éducative, mais qui ne tient pas compte de l’ensemble des dynamiques locales.
Sur la Côte-Nord, le portrait actuel met en lumière un décalage bien réel des indices qui changent rapidement, alors que leurs effets, eux, restent à venir.
Le Centre de services scolaire du Littoral n’avait pas répondu à nos questions au moment d’écrire ces lignes.
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