Projet Holliday : « C’est incroyable ce qu’on a vécu » — Régis Bouchard

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Par Emy-Jane Déry 4:25 PM - 24 mars 2026
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Rue Holliday à Sept-Îles. Photo archives, Vincent Rioux-Berrouard

L’un des promoteurs du projet de développement domiciliaire Holliday prétend qu’il y a longtemps que des maisons seraient construites sur le site, si la Ville ne lui avait pas mis des bâtons dans les roues. « C’est incroyable ce qu’on a vécu », lance Régis Bouchard. 

L’homme d’affaires septilien Régis Bouchard ressort amer du projet de développement domiciliaire Holliday. Avec son partenaire, François Turmel, il souhaitait faire un projet de développement résidentiel sur l’un des derniers sites à proximité du centre-ville et avec des terrains « solides, sur le sable », de disponible.   

Ils ont commencé le projet en 2010. Or, 16 ans plus tard, il n’en est rien. En 2024, la Ville a décidé d’exproprier les promoteurs, souhaitant elle-même s’assurer du développement dans le secteur, puisqu’elle jugeait qu’il n’y avait pas suffisamment d’avancement dans le projet. Dans les dernières semaines, le Tribunal administratif du Québec a tranché en faveur du promoteur quant à la valeur marchande des terrains et à l’indemnité que la Ville devra leur verser. 

« 16 ans d’énergie, d’effort, tout est fait : nos changements, plans de zonage, environnement… mais la ville bloquait, bloquait, bloquait. La Ville ne veut pas de promoteurs à Sept-Îles », avance M. Bouchard. « Ça fait qu’on développe ailleurs actuellement. On va investir ailleurs, que voulez-vous. C’est triste, parce qu’il y a un besoin de logements à Sept-Îles. »

Avec d’autres partenaires, il travaille actuellement sur un projet à Fermont. 

« J’en ai presque fait une dépression », dit-il, en repensant aux nombreuses rencontres qu’il dit avoir tenues avec les fonctionnaires de la Ville de Sept-Îles. Il affirme ne pas avoir réussi à rencontrer les élus de l’époque dans le dossier.

Il qualifie le processus d’évaluation de la valeur des terrains « d’histoire d’horreur ».  

La Ville estimait la valeur marchande du terrain à 783 000,00 $, tandis que les promoteurs l’évaluaient à 6 068 729,00 $. Le 25 février, le Tribunal a tranché à 3 591 400,00 $. 

M. Bouchard affirme en avoir pour au moins un demi-million de dollars en frais d’avocat dans le dossier. 

« J’ai vécu beaucoup de frustration », confie Régis Bouchard, qui est toujours demeuré discret sur la place publique dans le dossier, avant aujourd’hui. « Il y a bien des gens qui affirmaient que le projet n’avançait pas et que c’était notre faute, mais les gens, la population n’a pas su ça », dit-il, à propos des embûches qu’il prétend avoir vécu. 

Il soutient notamment que la Ville aurait mis jusqu’à 7 ans pour faire le changement de zonage et donner une vocation résidentielle au terrain. Il déplore un nombre exagéré d’études qu’aurait réclamé la Municipalité aux promoteurs dans le dossier. 

Régis Bouchard dit quand même avoir confiance aux nouveaux élus de Sept-Îles et à l’administration, qui s’est plutôt renouvelée depuis le début du projet. 

La Ville se désole

À la Ville de Sept-Îles, la directrice générale Catherine Lauzon se désole de l’impression que le dossier semble avoir laissée sur les promoteurs. En poste depuis 2023, cette dernière a été impliquée seulement en fin de parcours. Son impression est toutefois que la Ville a toujours souhaité que le projet aboutisse.

« La Ville a même modifié sa réglementation pour pouvoir augmenter la contribution qu’elle fournissait au promoteur, pour lui permettre d’aller se dégager des revenus plus intéressants », fait-elle valoir. « La Ville était prête à en faire beaucoup pour les épauler, pour que ça fonctionne », assure-t-elle, soulignant au passage que la Ville souhaite travailler en collaboration avec des promoteurs pour faire du développement. 

Quant aux nombreuses demandes d’études évoquées par M. Bouchard, la directrice générale rappelle le contexte du dossier d’affaissement des résidences construites dans Sainte-Famille. 

« Je pense que la Ville voulait être sûre de ne pas revivre ce genre de situation », dit Mme Lauzon. 

Rappelons qu’en 2016, une trentaine de résidences neuve avaient dû être déplacées puisque construites sur des sols instables. La facture pour la Municipalité avait dépassé les 16 M$. 

Quant aux délais pour le changement de zonage, Mme Lauzon dit être au fait que des erreurs avaient été commises au niveau de l’urbanisme. Cependant, rien n’empêchait le promoteur de continuer à faire progresser le projet. 

« En date d’aujourd’hui, il reste encore plusieurs études à réaliser. Ils [les promoteurs] n’étaient pas encore au fil d’arrivée non plus », dit-elle. 

Regarder en avant

Le souhait de la Ville de Sept-Îles est maintenant de pouvoir regarder en avant et de rendre disponibles des terrains le plus rapidement possible. 

Elle souhaite soumettre sa candidature pour des programmes d’aide gouvernementale, afin de pouvoir financer une partie du coût des infrastructures requises pour développer le secteur et ainsi pouvoir offrir des terrains à des prix « accessibles pour les citoyens ». 

La phase 1 du projet prévoit 123 terrains. Sept-Îles espère pouvoir lancer les travaux d’infrastructures au printemps 2027 (station de pompage, rues, égouts…), dans l’objectif que la mise en vente des terrains débute en 2028. 

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