Semaine québécoise de la déficience intellectuelle | Il y a encore du travail à faire pour l’inclusion

Par Sylvain Turcotte 8:04 AM - 21 mars 2026
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Jordan Beaudin, un des porte-paroles de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle, avec son intervenante au Module d'épanouissement à la vie de Sept-Îles, Kim Beaudin. Photo Sylvain Turcotte

C’est quoi le plan ? C’est ce que se demandent les personnes ayant une déficience intellectuelle, leurs proches et les organismes qui les desservent. Même si le portrait est plus rose qu’avant, il y a encore du travail à faire.

Cette question, c’est aussi le thème de la 38e Semaine québécoise de la déficience intellectuelle. 

Le Septilien Jordan Beaudin, 28 ans, en est un de ses porte-paroles.

Il assume fièrement.

« C’est bien de montrer aux gens qui on est. Mais on n’a pas assez de services, même si on arrive à trouver une solution à tout pour des activités, pour que ce soit plus inclusif », dit-il candidement. « Il faut être débrouillard. »

Il est un des adultes qui profitent des activités offertes par le Module d’épanouissement à la vie de Sept-Îles (MEV SI)

Jordan Beaudin travaille depuis un peu plus d’un mois à l’Âtre de Sept-Îles, une ressource d’hébergement alternative en santé mentale, qui offre aussi de l’accompagnement et de la réinsertion.

Il donne un coup de main à sa mère qui y travaille. C’est un peu une histoire familiale avec son beau-père et sa tante qui y occupent également un emploi.

Jordan fait du ménage et accompagne les résidents dans leurs activités en y apportant son aide.

« Je participe aux activités. Je donne un coup de main aux repas », dit-il, sourire aux lèvres. 

Ce n’est pas toujours facile pour lui. Il a ses bonnes et mauvaises journées. « Mais il doit se respecter dans ses limites », souligne Kim Beaudin, coordonnatrice aux événements du MEVSI. 

Depuis un mois, Jordan Beaudin a un salaire pour ses douze heures de travail, grâce à un programme du SEMO, organisme qui accompagne des individus en situation de handicap ou judiciarisés à trouver et conserver un emploi.

Un revenu qui lui permet de payer son appartement, ses vêtements, d’aller prendre un café, de s’offrir une sortie au cinéma, d’avoir une autonomie et une liberté.

« Mes parents me laissent aller un peu partout. Je suis content qu’ils aient lâché prise », mentionne-t-il. Sa travailleuse sociale l’a également aidé. 

Si Jordan est payé pour le travail, ce n’est pas toujours le cas, souligne l’intervenante du MEV SI. 

Kim Beaudin déplore que des personnes avec déficience intellectuelle travaillent « mais bénévolement » et qu’elles doivent assumer leur déplacement.

Elle parle aussi de l’école aux adultes qui n’a plus les fonds pour une classe pour elles et l’accessibilité au logement.

Le gouvernement doit en faire plus pour les personnes en déficience intellectuelle, pour les aider dans leur indépendance, selon elle. 

« Beaucoup d’activités ne sont pas adaptées, faute de moyens, d’accès ou de formations pour les personnes avec une déficience, un TSA ou en fauteuil roulant. Il y a encore beaucoup de travail à faire. Les personnes différentes passent après », se désole Kim Beaudin. 

« Des gens parlent plus fort. On ne recule pas, mais ce n’est pas encore top notch pour l’inclusion » souligne Mme Beaudin. « Beaucoup de choses sont revendiquées, mais rien n’est fait concrètement. Des familles s’épuisent et il n’y a pas de répit pour elles », insiste-t-elle.

Elle salue toutefois le travail fait cet hiver au niveau du déneigement des trottoirs à Sept-Îles pour les personnes en fauteuil roulant. « Une grosse amélioration », mentionne-t-elle.

Jordan Beaudin, au rire contagieux, fort apprécié par l’équipe du Module, aime d’ailleurs prendre des marches et voir ses amis. Il aimerait avoir la possibilité de s’entraîner au gym. 

Qu’importe le plan, le Module d’épanouissement à la vie de Sept-Îles, créé par des parents qui cherchaient de l’aide, poursuit sa mission, celle d’avoir de la visibilité pour toucher le plus de gens possible et offrir des activités et sorties adaptées à une plus grande clientèle. 

Jordan aime les sorties au cinéma, le dîner de Noël, participer à la campagne des Biscuits Sourires et la sortie du livre. Il retrouve ainsi une grande famille au Module. 

Pour le Module, c’est le Karaoké du Bonheur qui est au calendrier en ce samedi 21 mars, de 13 h à 16 h, dans le cadre de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle. Ça se passe au Petit théâtre du Centre socio-récréatif pour du plaisir dans l’inclusion et le respect de tous. Des bas différents sont proposés comme code vestimentaire.

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