Comment mieux récupérer le bois touché par la tordeuse ?
Sergio Rossi, professeur au Département des sciences fondamentales (DSF), dirigera le projet de recherche. Photo UQAC
Un projet de recherche piloté par l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) reçoit un coup de pouce majeur de 810 000 $, avec un objectif bien concret pour la Côte-Nord : mieux récupérer le bois dans les forêts touchées par la tordeuse des bourgeons de l’épinette, un insecte qui cause d’importants dommages dans la région.
La recherche, dirigée par Sergio Rossi, professeur en écologie forestière au Département des sciences fondamentales (DSF) et directeur du Laboratoire sur les écosystèmes terrestres boréaux (EcoTer), inclut la professeure au DSF de l’UQAC Annie Deslauriers et le professeur à l’Université du Québec à Trois-Rivières, Alexandre Roy.
Concrètement, les chercheurs veulent trouver une façon d’agir au bon moment. Car actuellement, les coupes de récupération arrivent souvent trop tard, lorsque les arbres sont déjà très détériorés et ont perdu de leur valeur.
« L’équipe de recherche se servira de la télédétection radar pour évaluer l’état de santé du couvert forestier et mieux planifier les coupes dans un contexte d’épidémie de tordeuse des bourgeons de l’épinette », explique-t-on dans un communiqué de l’UQAC.
Cette technologie permettra de « voir » la santé des forêts à distance, presque en temps réel, afin d’identifier les secteurs où il faut intervenir rapidement. L’objectif : récolter le bois avant qu’il ne se dégrade trop.
Lors des périodes épidémiques, les autorités adoptent des plans d’aménagement qui intègrent des coupes de récupération, afin d’orienter les activités de récolte dans les peuplements touchés. Cependant, ces interventions surviennent souvent trop tard, lorsque les arbres sont dans un état avancé de dépérissement, ce qui nuit à la rentabilité de l’exploitation du bois.
Ce projet permettra de développer des modèles qui tiennent compte de la physiologie des arbres et qui utilisent la télédétection, afin de caractériser l’état de santé des peuplements boréaux lors d’une épidémie de tordeuse des bourgeons de l’épinette.
À terme, les résultats devraient donner aux gestionnaires forestiers et aux entreprises des outils concrets pour décider où et quand couper, en fonction de l’état des forêts et de l’accessibilité des territoires.
Les résultats permettront aux gestionnaires publics et aux entreprises d’évaluer les différentes stratégies de récupération des bois dans un contexte épidémique, selon l’accessibilité des sites et le niveau de dépérissement des peuplements ravagés.
Un outil décisionnel développé par le projet facilitera la planification des coupes de récupération, favorisera une récolte hâtive des peuplements affectés et valorisera la ressource forestière en réduisant les pertes attribuables à une réduction de la qualité du bois.
« L’optimisation de la récupération des peuplements après perturbation permettra aux entreprises d’augmenter la rentabilité des coupes en récoltant des arbres qui répondent davantage aux standards exigés par les marchés nationaux et internationaux », est-il indiqué.
Le projet est issu d’un partenariat entre le Centre de recherche sur la boréalie (CREB) et les organismes publics et privés impliqués dans la gestion de la ressource forestière en milieu boréal et profitera de financements alloués par le ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF) et par les entreprises forestières Domtar et Boisaco.
Le Centre de Géomatique du Québec intégrera l’équipe avec son expertise en géomatique et en télédétection.
L’équipe travaillera de concert avec des chercheuses et chercheurs issus de secteurs académiques et gouvernementaux, notamment Guillaume Drolet, Jean-Daniel Sylvain de la Direction de la Recherche forestière (MRNF), Nelson Thiffault du Centre de Foresterie des Laurentides (Ressources Naturelles Canada) et Roberto Silvestro, professeur-chercheur sous-octroi à DSF de l’UQAC.
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