La pointe de Moisie, un endroit qui rassemble
Des gens affairés au nettoyage collectif des berges de la pointe de Moisie en août 2025. Photo OBV Duplessis
Le projet Nettoyons la pointe de Moisie de l’organisme OBV Duplessis se conclura cette année avec pour objectif de revaloriser ce bout de plage chargé en histoires de toute sorte.
L’artiste septilienne Johanne Roussy a une affection particulière pour la pointe de Moisie. Ses ancêtres ont habité le village qui s’y trouvait jusque dans les années 70. Le lieu constitué majoritairement de sable est situé du côté ouest de l’embouchure de la rivière Moisie. Juste en face du côté est se trouvaient les anciennes forges de Moisie, disparues en 1875.
À force de fréquenter le site, l’artiste Johanne Roussy a remarqué des carcasses de voiture des années 50 abandonnées, vestige du passage de la vie humaine sur la pointe.
« Je me suis rendu compte de toutes les «occupations» qu’il y a eu sur la pointe, toutes les histoires », dit l’artiste et instigatrice du projet.
Elle a décidé d’interpeller l’organisme OBV Duplessis, avec un projet pour revaloriser le site sablonneux.
« Elle nous a approchées avec l’idée, d’un côté d’améliorer la qualité environnementale du site, puis d’un autre, de récupérer des morceaux de carcasses pour les intégrer dans un projet artistique », explique Aurélie Le Henaff, directrice générale d’OBV Duplessis.

Le projet Nettoyons la pointe de Moisie a été entamé en 2025 et se conclura en 2026. Il se décline en trois axes : scientifique, historique et artistique.
Activités de nettoyage du site, simulation de fouille archéologique, vulgarisation de l’histoire et du profil géologique figurent parmi les activités qui ont été organisées, dans le cadre du projet. L’organisation Uapashkuss a aussi présenté les différents sites sacrés innus situés à la pointe de Moisie, lors des activités de l’OBV de Duplessis, l’automne dernier.

« Ce qui est bien, c’est que ça touche toutes sortes de familles », dit Mme Roussy. « C’est vraiment dans le cadre d’un montage, d’une sculpture sociale qui est de faire des ponts entre cultures, de valoriser l’histoire, l’humain et la rencontre de l’humain sur la pointe de Moisie. C’est pour ça les trois volets », explique Johanne Roussy.
Lorsqu’elle parle de sculpture sociale, elle ne parle pas de la création d’une œuvre artistique au sens littéral.
« La sculpture, c’est genre faire des bonhommes avec des bois flottés. Ce qui est vraiment cool, c’est que tu vas le faire sur le site. Tu vas le faire en présentiel », explique Johanne Roussy.
In socius, c’est le terme qu’elle aime utiliser pour décrire sa pratique artistique.
« In socius, c’est dans le monde, dans la société, dans l’intériorité. C’est comme essayer de faire du lien social, même quand c’est difficile, à travers des œuvres d’art. Ça crée de nouveaux souvenirs avec les gens », dit Johanne Roussy.
Ce n’est pas la première fois que le site fait l’objet d’un projet de remise en valeur. L’organisme Environnement Côte-Nord avait mené le projet de restauration de la pointe de Moisie et de sensibilisation de la population sous le thème Préservons la Pointe de Moisie de 2016 à 2018. Ce projet faisait suite à l’éviction, en 2012, des occupants illégaux du site, par le ministère des Ressources naturelles.
Dans la prochaine année, l’organisme OBV Duplessis prévoit poursuivre son projet de revalorisation, en retirant quelques carcasses de voitures dont les morceaux seront récupérés par les deux artistes participantes au projet. Johanne Roussy et Annie Pelletier transformeront les pièces de métal récupérées en sculptures.
À découvrir
Des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.